Des producteurs européens de biocarburant dont le géant italien de l’énergie Eni et le finlandais Neste se sont procuré frauduleusement de l'huile de palme auprès de fournisseurs indonésiens, révèle le 16 mars une enquête menée par l’AFP et SourceMaterial. Selon la justice indonésienne, des entreprises locales et des responsables gouvernementaux se sont mis d’accord, contre versement de pots-de-vin, pour faire passer l’huile de palme pour un sous-produit appelé Palm Oil Mill Effluent (POME), soit des effluents d’usine de production d’huile de palme. Les producteurs de biocarburants européens Eni et Neste qui ont officiellement retiré l’huile de palme de leurs chaînes d’approvisionnement, ont tous deux reçu plusieurs livraisons provenant des entreprises indonésiennes accusées d’avoir étiqueté de l’huile de palme comme POME. Pour l’Indonésie, le préjudice en termes de recettes fiscales se chiffre en millions de dollars, car la taxe sur le POME est moins élevée que sur l’huile de palme. Les soupçons de fraude concernant des importations dans l’UE de biocarburants à base de déchets qui pourraient en réalité être issus d’huile de palme se sont multipliés ces dernières années. Certaines analyses suggèrent que la quantité de produits POME utilisée dans l’UE et en Grande-Bretagne dépasse l’offre mondiale disponible, ce qui laisse supposer un étiquetage erroné généralisé, même si certains groupes industriels ont contesté ces calculs.
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