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Prix plancher: la majorité présidentielle incertaine face aux promesses de Macron

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« Je ne prends pas la parole présidentielle pour parole d’évangile», a déclaré le porte-parole du groupe Horizons, Thierry Benoit, en ouverture de l’examen en commission de la proposition de loi (PPL) des députés écologistes (EELV) visant à créer des prix plancher pour les produits agricoles, le 26 mars. La majorité présidentielle s’est montrée à la fois incertaine à soutenir la promesse de prix plancher d'Emmanuel Macron, et peu convaincue par le texte proposé par les écologistes, dans l’attente, notamment, des conclusions des deux missions parlementaires lancées récemment sur les négociations commerciales. La macroniste Françoise Buffet a critiqué les «prix planchers très rigides» de la PPL avec «des effets pervers», en cas «d'aléas», associant la mesure à la «Chine communiste». Elle a renvoyé vers une mission en cours des députés Anne-Laure Babault (MoDem) et Alexis Izard (Renaissance) sur le sujet. «Les filières ne demandent pas de prix plancher, à part la filière bovine. Les prix doivent être fixés par les agriculteurs, pas par l’État», a déclaré l'une des intéressées, Anne-Laure Babault. Au Salon de l'agriculture, Emmanuel Macron avait déclaré: «D'ici trois semaines, il y aura un prix minimum, un prix plancher en dessous duquel le transformateur ne pourra pas acheter, et le distributeur ne pourra pas vendre». Son cabinet avait alors fait référence à la loi espagnole sur la chaine alimentaire (voir notre enquête). La majorité a été d'ailleurs renvoyée à ces promesses par l'opposition: «C'est bizarre, il l'a dit un jour et maintenant on n'en entend plus trop parler», a raillé l'Insoumise Aurélie Trouvé.