«Les déconversions font beaucoup parler d’elles, mais ce sont surtout les conversions qui ont été mises en attente», observe Laure Verdeau, directrice de l’Agence bio, estimant nécessaire de «sanctuariser la consommation». D’après les chiffres transmis en exclusivité à Agra Presse, le nombre de conversions au bio a reculé de 32% sur un an, passant de 7706 nouvelles fermes en 2021 à 5245 en 2022. Le ralentissement est particulièrement marqué en grandes cultures (-55%), en lait (-54%), en porcin (-50%), ainsi qu’en vaches allaitantes et en vin (-49% et -46% respectivement). Dans les filières avicoles, le recul avait été observé dès 2021 (-40% en poules pondeuses et -50% en volailles de chair). Parallèlement au ralentissement des conversions, les arrêts de certification ont augmenté de 2510 à 3380 fermes sur un an, soit 5,8% de l’effectif total, contre 4,7% en 2021. «Ces arrêts sont dus pour moitié à des départs à la retraite, et pour l’autre moitié au retour au conventionnel», détaille Dorian Fléchet, chargé de l’observatoire national de l’agriculture biologique. Comme par le passé, les arrêts concerneraient en priorité les exploitations certifiées depuis moins d’un an, ainsi que celles converties depuis cinq à dix ans. Le pourcentage d’arrêts de certification est particulièrement élevé en porcin (8% de l'effectif total), ainsi qu’en pondeuses, grandes cultures et légumes (6% pour tous).
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