Malgré l’envolée des prix des engrais liés à ceux du gaz dans le contexte de la guerre en Ukraine, la Commission européenne a décidé le 26 octobre de ne pas suspendre les droits antidumping définitifs (entre 16 et 32%) qu’elle impose depuis le 8 octobre 2019 aux importations d’urée et de nitrate d’ammonium en solution originaires de Russie, Trinité-et-Tobago et des États-Unis. Dans une requête émise en avril 2021, le Copa-Cogeca expliquait que ces taxes participaient à la flambée des prix des engrais en engendrant une faible concurrence sur le marché européen et des pénuries. Plus récemment, l’organisation bruxelloise soulignait qu’en raison des prix élevés du gaz, l’industrie des engrais n’avait pas pu augmenter sa production pour remplacer les importations en baisse et que, par conséquent, les agriculteurs avaient besoin d’urée et de nitrate d’ammonium. Une position également défendue par certains eurodéputés de la commission de l’Agriculture. Toutefois dans ses conclusions, Bruxelles indique que les conditions de marché ne sont pas réunies pour approuver une telle mesure. Certains éléments indiquent même que la suspension aggraverait encore la situation: les importations faisant l’objet d’un dumping en provenance des pays concernés, notamment Trinité-et-Tobago, entraîneraient une pression supplémentaire sur les prix pratiqués par les producteurs européens d’engrais, assure l’exécutif européen.
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