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Coopération laitière Agrial prépare l’après-quotas laitiers

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À Caen (14), Agrial se met en ordre de marché pour l’après quotas laitiers. La coopérative, après sa fusion avec Elle-et-Vire l’an passé, s’est massivement engagée dans la transformation avec la montée au capital de Délicelait et l’association avec Senoble dans la joint-venture Senagral. Objectif, offrir des débouchés aux volumes supplémentaires des adhérents (2 600 dans le lait) quand viendra la fin des quotas laitiers en 2015.

Les coopératives du Nord de l’Europe affirment se préparer pour 15 à 20 % de volumes supplémentaires. Il faut que nous soyons prêts. Pourquoi leur laisser toute la croissance ? », commente Ludovic Spiers, directeur général d’Agrial. « Pour nous, le bassin de production laitière va de l’arc atlantique au nord de l’Europe, indique Gilbert Herpe, président d’Agrial. C’est vrai, nous prenons le contrepied de l’aménagement du territoire en France. La Normandie est une terre laitière, nous voulons exploiter son potentiel. » Agrial lance ainsi la commercialisation d’un robot de traite pour encourager la productivité de ses éleveurs. En revanche, contrairement à de nombreuses coopératives, il n’y a pas de discussion sur un double prix-double volume pour l’instant chez Agrial.

Engagement massif dans la transformation laitière
Le projet stratégique, validé avec l’ensemble des adhérents, consiste à s’engager massivement dans la transformation laitière. Un premier pas a été fait l’an passé avec une prise de participation de 10 % au capital de Délicelait à Moyon (50), PME spécialisée dans les ingrédients laitiers à destination de l’industrie. Au premier trimestre, Agrial a porté sa participation à 49 %. Délicelait, qui a transformé 160 M l de lait en 2011, avait besoin de lait tracé pour satisfaire la demande de ses clients. Agrial lui fournit ainsi 100 M l de lait via CLE Bongrain jusqu’en 2015, date à partir de laquelle CLE Bongrain doit récupérer l’utilisation de ce volume. Depuis l’entrée au capital d’Agrial, Délicelait a investi dans un concentrateur et la réflexion est en cours pour une tour de séchage.

Trouver de nouveaux débouchés pour les producteurs d’Agrial
La plus grosse opération dans le secteur laitier est l’association avec Senoble au sein de la joint-venture Senagral, officiellement créée le 16 mars. Dédiée au marché MDD en France, Allemagne et Benelux, cette joint-venture compte dans son périmètre quatre usines de produits ultrafrais (Jouy dans l’Yonne, Lorris dans le Loiret, Château-Salins en Moselle et Gruchet-le-Valasse en Seine Maritime) ainsi qu’une plateforme logistique (Villeroy dans l’Yonne). Elle réalise environ 500 M EUR de chiffre d’affaires et transforme 400 M l de lait. La collecte de Senoble n’atteignant que 350 M l, Agrial peut déjà miser sur 50 M l de débouché supplémentaire et pourrait approvisionner Senagral, par exemple en lait concentré transformé par Délicelait. La création de cette joint-venture, qui permet à Senoble de dégager des moyens financiers pour construire une deuxième usine en Espagne, lui assure aussi une sécurité concernant ses approvisionnements laitiers. « La zone de collecte de Senoble risque de se fragiliser. On mise là-dessus pour utiliser des volumes supplémentaires à la sortie de quotas », explique Ludovic Spiers.

Restaurer la rentabilité de Senagral
En attendant, il faudra restaurer la rentabilité de Senagral. Senoble a souffert de la guerre des prix en MDD, et « c’est compliqué au niveau de Senagral », reconnaît Ludovic Spiers. Au rang des atouts de la joint-venture, les ventes à l’export (100 000 t sur 400 000 t), stabilisantes pour le compte d’exploitation avec des prix qui se sont mieux tenus, et la quasi-saturation des outils industriels (seule une usine ne tourne pas à pleine capacité). « Les usines de Senagral sont très performantes. À Jouy, avec une capacité de 230 000 t, nous avons une taille européenne », commente Ludovic Spiers. Mais il faudra quand même se battre pour obtenir des prix corrects, et le secteur connaîtra sans doute des opérations de concentration. À terme, Agrial ne cache pas son intérêt pour une prise de contrôle de Senagral, une fois l’acquisition des 50 % digérée. Au total, la branche lait d’Agrial pèse 920 M EUR de chiffre d’affaires en incluant les participations, indique le groupe. La collecte, pèse 1,35 Md l de lait, auprès de 3 800 producteurs (dont 980 M l de lait collectés auprès de 2 600 adhérents). Au total, Agrial annonce un chiffre d’affaires de 2,7 Mds EUR sur 2010, en progression de 20 %, notamment grâce à la fusion avec Elle-et-Vire, et vise 3,2 à 3,3 Mds pour 2012.

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