Après plusieurs années de discussion, l’accès à l’audit et l’aide au redressement des exploitations agricoles (Area) a été assoupli. Son budget avait été raboté en 2026, après plusieurs années de sous-consommation.
Cela fait quatre ans que les discussions sont engagées avec le ministère de l’Agriculture pour réformer l’accès à l’audit et l’aide au redressement des exploitations (Area). Les discussions s’étaient accélérées en 2024, avec l’annonce officielle d’une réforme, qu’appelaient de leurs vœux toutes les parties prenantes, puis à l’automne 2026 suite à l’examen du projet de loi de finances (PLF) pour 2026.
Constatant une sous-consommation chronique de l’enveloppe de 6,7 millions d’euros allouée au dispositif, Bercy avait demandé et obtenu, pour l’année 2026, un réajustement du budget à un niveau de sa consommation lors du dernier exercice, soit 1,3 million d’euros. Autrement dit, 80 % de l’enveloppe se sont envolés.
Ce coup de rabot a fait réagir l’ensemble de la profession, de l’association Solidarités paysans aux chambres d’agriculture, chacun s’accordant sur la pertinence de cette aide, et un besoin d’en assouplir les conditions d’accès. Restait à s’accorder sur les modalités de cette ouverture.
Le ministère de l’Agriculture attendait toutefois un retour de la Commission européenne, dont la teneur et l’interprétation ont engendré des déceptions du côté de Solidarités paysans.
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Plafond d’ETP salariés relevé
Le décret tant attendu est donc paru au Journal officiel le 29 juillet. Par ce texte, Annie Genevard prend trois décisions : la condition d’exercer depuis plus de trois ans pour obtenir l’aide est supprimée ; la quantité maximale de main-d’œuvre salariée pour bénéficier de l’aide et de l’audit passe de 10 à 50 équivalents temps plein (ETP). Enfin, la ministre supprime l’une des trois conditions financières d’accès à l’aide.
La conditionnalité supprimée était basée sur les quatre indicateurs financiers suivants : taux d’endettement, niveau de trésorerie, EBE/produits, revenu disponible par UTH non salariée. La ministre ne conserve que les critères basés sur les pertes de capital social ou de fonds propres, et la conduite préalable de l’audit, avec plan d’action et perspective de retour à la viabilité.
Interrogée par Agra Presse, Solidarités Paysans s’inquiète d’une « ouverture à tout-va du dispositif », qui selon elle élargirait davantage le nombre de bénéficiaires de l’audit que le nombre de bénéficiaires de l’aide. L’association ne demandait pas la suppression des critères financiers, tel que décidé par la ministre, mais surtout une facilitation de leurs calculs. Elle se dit désormais attentive aux textes d’application du décret.
MR