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Alimentation humaine : Roquette élargit la capacité de son usine de pois

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Le groupe Roquette a inauguré le 16 mai un nouvel atelier de transformation de pois pour l’alimentation humaine sur son site de Vic-sur-Aisne. Son objectif : contribuer à approvisionner le marché mondial des protéines végétales, en expansion de 15 % par an, et cette fois dans un segment spécialisé, répondant aux préoccupations spécifiques de santé.

Le groupe Roquette a inauguré le 16 mai un nouvel atelier de transformation de pois pour l’alimentation humaine sur son site de Vic-sur-Aisne. Son objectif : contribuer à approvisionner le marché mondial des protéines végétales, en expansion de 15 % par an, et cette fois dans un segment spécialisé, répondant aux préoccupations spécifiques de santé.

Roquette approfondit son investissement dans les protéines végétales. Depuis 2005, fabricant d’ingrédients de protéines de pois à Vic-sur-Aisne, le groupe complète maintenant sa gamme par un ingrédient de spécialité, baptisé Nutralys S85, pour aliments diététiques et boissons destinés aux sportifs ou aux personnes qui cherchent à perdre du poids. « Ce nouvel atelier va permettre au groupe d’enrichir son offre en protéines végétales Nutralys avec de nouveaux ingrédients conçus spécifiquement pour les produits alimentaires et boissons riches en protéines. Ces derniers répondent naturellement aux besoins spécifiques de la nutrition du sportif, du sénior ou dans le cadre d’un régime alimentaire », a commenté Roquette.

La protéine du pois est riche en acides aminés, contient de faibles teneurs en isoflavones (phytoestrogènes, substances végétales proches des hormones féminines) et son effet stimulateur de la masse musculaire est démontré, a vanté une nutritionniste du groupe. De plus, la protéine du pois « a une excellente digestibilité ».

Avec ces qualités nutritionnelles, le marché de la protéine de pois est en progression de 15 % par an. Mais « nous espérons avoir une croissance supérieure à ce taux », a ajouté Pascal Leroy, directeur du département « pois et nouvelles protéines ».

125 000 tonnes de pois en 2020 pour l’usine de Vic

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L’industriel a déjà investi 40 M€ sur son site de Vic-sur-Aisne en 2015, il remet de nouveau 40 M€ pour la période 2017-2020. Sans préciser le volume additionnel que représentera ce nouvel atelier, il a indiqué que la transformation du pois pour la protéine végétale à Vic passera de 80 000 tonnes (de pois) par an actuellement à 125 000 tonnes en 2020. En comptant son usine de Winnipeg, dans le Manitoba (Canada), actuellement en construction, Roquette transformera en tout 250 000 tonnes de pois pour l’alimentation humaine.

Le groupe ne craint pas de manquer de pois : il a mis en place un système incitatif pour les producteurs ainsi qu’un parcours cultural innovant. « De plus la culture des légumineuses permet un enrichissement en azote du sol et donc un gain économique sur les cultures suivantes, d’environ 200 euros par hectare », a indiqué Sébastien Windsor, président de Terres Inovia, présent à l’inauguration du nouvel atelier.

Tout est bon dans le pois

À en croire les dirigeants de Roquette, le pois est une matière première qui peut être valorisée en totalité. Arrivée en usine, la graine de pois passe dans un moulin. La coque qui en est extraite est valorisable en aliments pour volailles, pour poissons et pour chiens et chats. La farine quant à elle contient 50 % d’amidon, 25 % de protéines, 14 % de fibres, 6 % de sucres divers, 2 % de lipides, puis des minéraux, a expliqué Céline Capdupuy, directrice de l’usine, lors de la visite du site de Vic-sur-Aisne. L’amidon est valorisé en alimentation humaine comme épaississant, entre autres nombreuses applications, et en papeterie. La protéine est de plus en plus utilisée comme ingrédient en boulangerie et comme substitut de viandes, ainsi que dans des boissons. Les fibres, lipides et minéraux peuvent composer ce que les professionnels appellent une « soupe » pour les porcins.