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Viticulture Aquitaine : les vignerons pourraient manquer de successeurs

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En Aquitaine, près d’un chef d’exploitation sur deux a plus de 50 ans, précise une étude Agreste primeur d’octobre 2009. Le vieillissement touche également les salariés. Or, les jeunes sont de moins en moins nombreux à s’engager dans les formations à la production viticole. Le problème de la succession se pose de manière cruciale à moyen terme.

Si près d’un chef d’exploitation sur deux a plus de 50 ans, un sur trois a plus de 55 ans et plus d’un sur 10 a plus de 60 ans (contre moins de un sur vingt dans les autres régions). Dans les dix ans à venir, 3 000 exploitations doivent se trouver un nouveau chef, ce qui est fait pour seulement un tiers d’entre elles. Une des parades est la cession entre époux. « Ce type de cession est de plus en plus fréquent, sa part a doublé depuis 2003 », selon Agreste. Si elle ne résoud pas vraiment le problème de l’âge (moins de la moitié des nouveaux chefs avait moins de 40 ans), elle donne un peu plus de temps pour trouver un repreneur à l’exploitation. Bilan : sur 1100 personnes accédant au statut de chef d’exploitation viticole entre 2003 et 2007, 60% étaient des femmes.
En 2007, la surface exploitée par les 3000 viticulteurs aquitains de plus de 55 ans était importante soit près de 53 000 ha de terres agricoles ou encore la surface de la Champagne, plantées en vignes d’appellation à plus des trois quarts..
Sur ces 3000 viticulteurs, 1900 déclaraient la même année ne pas connaître leur futur successeur. Une situation plus dégradée qu’en 2000 où seulement un viticulteur sur deux au même âge n’avait pas encore de successeur. La taille de l’exploitation influe sur la succession, les petites exploitations trouvent moins facilement. Cependant, 700 vignerons de plus de 55 ans exploitant des surfaces de plus de 20 ha n’ont pas non plus de successeur.

Environ 400 emplois par an à pourvoir
Pour ce qui est des salariés, la crise économique a amené les viticuteurs à en réduire le nombre car « les charges de personnel en viticulture pèsent autant que l’ensemble des charges d’approvisionnement », selon Agreste. Une décision qui a été préjudiciable aux classes les plus jeunes : entre 2000 et 2007, les effectifs des moins de 35 ans ont baissé de 30%. Sur 14 000 salariés agricoles permanents, 3000 ont plus de 50 ans.
Ce ne sont pas les seuls effectifs en érosion. Le nombre d’élèves en formation initiale dans le secteur de la production viticole s’est nettement réduit ces dernières années, particulièrement en formation BEPA « conduite de la vigne » (-60% par rapport à 2002), selon Agreste. Le nombre d’apprentis a diminué de 20% sur la même période.
En moyenne, on enregistre sur les dernières années une arrivée pour deux départs, remarque l’étude. Sans changement de comportement, près d’un millier d’exploitations et les postes de direction qui s’y rattachent seraient appelés à disparaître, à moyen terme. Pour compenser les départs, il faudrait « un millier de chefs et près de 3000 salariés, soit 400 personnes par an ».
Dans le cas du Bordelais, l’agrandissement des exploitations n’apporterait pas de réponse au problème. Une des possibilités serait « le retour de certaines terres à la coopération » qui « permettrait de maintenir un foncier viticole », estime Agreste. Et bien sûr, le réveil des vocations chez les jeunes.