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Interview Arnaud Sabatier : « Les PME sont très frileuses »

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La problématique de PME, Arnaud Sabatier la connaît. Lui-même représente la cinquième génération de dirigeants d’une PME familiale qui regroupe actuellement trois sites de production en charcuterie. Avec le site historique de Dijon, celui d’Arleuf (racheté en 2004) et celui de Nuits-Saint-Georges (racheté en 2008), tous situés en Bourgogne, les salaisons Sabatier (issues des Salaisons Dijonnaises) emploient 110 personnes et ont réalisé un chiffre d’affaires de 16 millions d’euros en 2009. L’entreprise participe au projet EMAC (emballage actif) du pôle Vitagora et Arnaud Sabatier est devenu un promoteur actif du pôle de compétitivité.

Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à vous associer à un projet labellisé dans le cadre d’un pôle de compétitivité ?
Arnaud Sabatier : Dans la charcuterie, on n’innove pas beaucoup. Alors nous sommes à l’affût de tout ce qui peut se passer. Quand on nous a parlé du projet EMAC, initié par Lactalis, nous avons été partants tout de suite. Il s’agit de développer des emballages à base de chanvre, qui absorbent des molécules et les relâchent pendant la durée du conditionnement. Ces molécules permettent d’assurer la stabilité du produit, qui évolue lors du conditionnement avec les emballages actuels. Et l’objectif est d’augmenter la durée de vie des produits de 30 %. C’est un projet ambitieux, que nous n’aurions jamais initié seuls à cause de l’investissement dans la phase de recherche. Lactalis a réussi à fédérer ses fournisseurs et accepté d’associer deux PME dans le domaine de la charcuterie au projet.
Nous en sommes actuellement à la phase de recherche. Les premiers essais industriels devraient intervenir fin 2010 ou début 2011.

Quelles seront les retombées pour vous du projet EMAC ?
A.S. : Nous serons les seuls, avec les établissements Chazal, l’autre PME partenaire, et Lactalis, à pouvoir utiliser ces nouveaux emballages pendant une durée de deux ans à partir de leur mise sur le marché. Nous aurons six mois ou un an avant le lancement pour communiquer.
Je mise beaucoup sur le développement à l’export. Actuellement, la durée de vie de nos produits représente un frein. 30 % de durée de vie supplémentaire représenteront un réel avantage. L’export représente actuellement 1 % de notre chiffre d’affaires. 5 %, soit un chiffre d’affaires additionnel de 800 000 euros à un million d’euros, ce serait un excellent résultat. Au-delà, le pôle de compétitivité et la collaboration à ce projet nous ont apporté des idées, des contacts et une ouverture mondiale. Ça ne se traduit pas par une augmentation du chiffre d’affaires et ça prend du temps, mais c’est intéressant pour une petite PME régionale d’ouvrir ses horizons.

Vous assurez la promotion de Vitagora auprès des PME de votre région. Se montrent-elles intéressées ?
A.S. : Les PME sont très frileuses. Quand elles ont une idée, elles ont peur de la voir reprise par un grand groupe et rechignent à participer à des projets du pôle. Pourtant, on peut bénéficier des idées venant d’un grand groupe et c’est dommage de s’en priver.
En plus ça demande du temps. Si en plus il faut investir, même si le projet génère du chiffre d’affaires additionnel, ça en décourage plus d’un !

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