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Bertrand Eloud, directeur de Ruffault :« Nous craignons une guerre des prix imminente »

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Le nantais Ruffault Traiteur, propriété du groupe Convivio, a investi dans un laboratoire de production de 2 000 m2

Le nantais Ruffault Traiteur, propriété du groupe Convivio, a investi dans un laboratoire de production de 2 000 m2 situé à côté du nouveau MIN de Nantes. La brusque diminution de l’activité événementielle due à la crise sanitaire ne fait que repousser les objectifs de développement que lui permettent cet outil idéalement placé et ses liens institutionnels dans le Grand-Ouest.

Le traiteur haut de gamme Ruffault, détenu par le breton Convivio (2 400 salariés, 150 M€ de CA en 2018), a déménagé le mois dernier à Rezé, aux portes de Nantes, juste à côté du nouveau MIN. Le transformateur a investi un laboratoire de production de 2 000 m2, qui double sa capacité de production. Cet atelier, certes surdimensionné en cette période de crise du Covid-19, lui donne tous les atouts pour atteindre ses objectifs de développement prévus avant la crise sanitaire : proximité avec les fournisseurs et surtout avec ses clients. « Nous sommes au plus près de nos fournisseurs et cela nous permet de mieux échanger avec eux. C’est précieux, vu les fortes fluctuations des arrivages sur le marché à la criée notamment. Bref, nous avons tout à portée de main étant installés à côté de notre garde-manger », déclare le directeur de Ruffault, Bertrand Eloud.

Un enthousiasme quelque peu freiné par le confinement imposé en mars dernier. « L’activité évènementielle est quasi à l’arrêt, admet-il. Quelques mariages ont été maintenus, mais les rassemblements professionnels ou sportifs ont été presque tous annulés. Ce qui m’inquiète plus encore est que les congrès reportés au deuxième semestre à cause du confinement ont pour la plupart été supprimés. Et les rares confirmés le sont sur des bases bien inférieures. (…) 90% de nos effectifs sont encore en chômage partiel. Nous jouons sur leur polyvalence en laboratoire et service client, et ne faisons plus appel aux intérimaires. Quel contraste avec l’époque d’avant le Covid-19, lorsque les difficultés de recrutement constituaient pour nous une cause de refus de commandes ! Nous fonctionnerons en mode dégradé au moins jusqu’à la fin de l’année ».

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Pour traverser la crise, Ruffault compte sur sa stratégie de diversification axée sur la livraison aux entreprises de plateaux repas, laquelle est déjà enclenchée. Mais son atout majeur reste cependant son réseau de clients institutionnels dans les départements d’Île-et-Vilaine et de Loire-Atlantique.« Nous sommes référencés comme fournisseur auprès de la Cité des congrès de Nantes, du parc d’exposition de cette ville et auprès de l’organisateur du concept “Voyage à Nantes” et de son équivalent rennais », énumère ainsi Bertrand Eloud, précisant que Ruffault est aussi présent en Maine-et-Loire et en Vendée.

Eu égard à la crise sanitaire et à ses conséquences, désastreuses pour les traiteurs, ce dernier estime que « tant que l’aide de l’État sera là, au niveau du chômage partiel, nous et nos concurrents nous maintiendrons à flot. Mais les reports de charge, il faudra bien les payer un jour. Avec l’activité événementielle paralysée, le marché est réduit à une peau de chagrin. Je crains une guerre des prix imminente. La casse aura lieu en automne ».