La Commission européenne vient de lancer un processus de réflexion, comme le prévoit sa récente stratégie « de la ferme à la table » sur un étiquetage du bien-être animal. Et une évaluation complète de la législation européenne en la matière va être lancée. Le Parlement européen aussi entend apporter sa pierre à l’édifice. Il va constituer une commission spéciale d’enquête sur la question des conditions de transport des animaux vivants, estimant que Bruxelles n’en fait pas assez en la matière.
La commissaire européenne à la sûreté alimentaire, Stella Kyriakides, a annoncé le 15 juin à l’occasion de la 7e réunion de la plate-forme européenne sur le bien-être animal la mise en place d’un sous-groupe (comme il en existe déjà deux au sein de cette instance, sur le transport et le bien-être des porcs), consacré à la question de l’étiquetage des bonnes pratiques en la matière. Dans le cadre de la stratégie "de la ferme à la table" récemment adoptée, Bruxelles compte étudier des options permettant de mieux informer les consommateurs sur cette question. La Commission compte également mener une évaluation complète de la législation en place sur le bien-être des animaux d’élevage « en vue améliorer les conditions de transport et d’abattage des animaux, de l’aligner sur les preuves scientifiques les plus récentes, d’élargir son champ d’application, de faciliter son application et, en fin de compte, de garantir un niveau plus élevé de bien-être des animaux ».
Les eurodéputés se penchent sur les conditions de transport
Le Parlement européen, réuni en plénière, votera pour sa part le 19 juin sur la création d’une commission d’enquête chargée d’examiner les allégations d’infraction et de mauvaise administration dans l’application du droit de l’Union en ce qui concerne la protection des animaux pendant le transport, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Union. L’idée de cette commission spécifique a été largement portée par la députée européenne néerlandaise Anja Hazekamp, membre du Parti pour les animaux, qui siège au sein du groupe de la Gauche unie, et vice-présidente de la commission de l’Environnement. Elle a obtenu le soutien de plus de 180 députés européens (un quart de l’assemblée plénière) pour lancer cette commission d’enquête.
La Commission a été régulièrement informée de violations systématiques et graves commises pendant le transport d’animaux vivants ; depuis 2007 elle a reçu environ 200 signalements concernant des infractions au règlement, constatent les parlementaires européens. Ils vont donc se pencher notamment sur la manière dont les autorités européennes font observer efficacement les dispositions supplémentaires pour les voyages de longue durée, les dispositions relatives à la planification du voyage et au carnet de route et les mesures à prendre en cas d’infraction. La commission d’enquête devrait également étudier la question du transport vers des pays tiers. Dans un arrêt de 2015 la Cour de Justice rappelait que le règlement européen impose des obligations draconiennes non seulement aux transports d’animaux vertébrés vivants qui se déroulent exclusivement sur le territoire de l’Union, mais également aux transports qui ont lieu au départ de ce territoire et à destination de pays tiers.
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Cette nouvelle commission temporaire qui comptera trente membres disposera d’un délai de douze mois pour préparer son rapport final.
(1) Voir n° 3743 du 25/05/2020
Abattage des porcs : un manque de formation et des installations mal conçues
La plupart des problèmes associés au bien-être des porcs au moment de leur abattage « sont liés à des compétences inadéquates du personnel » qui manque de formation « ainsi qu’à des installations mal conçues ou mal construites », conclut l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) dans un avis scientifique publié le 17 juin. Sur les 30 problèmes identifiés – tels que le stress dû à la chaleur, la soif, la faim prolongée ou encore la détresse respiratoire –, 29 sont la conséquence de défaillances du personnel, « elles-mêmes dues à des facteurs tels que le manque de formation ou la fatigue ». Et selon l’Efsa, la gestion des sites d’abattage a un rôle crucial à jouer dans la prévention de ces problèmes. L’Efsa recommande notamment : que les porcs soient déchargés le plus rapidement possible et que ceux qui présentent des douleurs aiguës ou des signes de maladie soient inspectés et abattus d’urgence ; d’éviter de garder les porcs en stabulation et si cela est nécessaire de leur assurer un accès permanent à l’eau, un espace suffisant et une protection contre les conditions climatiques défavorables ; d’éviter les méthodes d’étourdissement qui nécessitent une contention douloureuse ; ou encore de contrôler l’état de conscience des animaux après l’étourdissement avant le début du traitement de la carcasse.