Il faut « encourager un consensus international sur les biocarburants, basé non seulement sur la nécessité d’éviter leurs impacts négatifs (...) sur les prix des aliments de première nécessité » mais aussi pour s’assurer qu’ils ne violent pas le droit à l’alimentation, a estimé le 9 septembre le rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation, Oliver de Schutter. « Il faut se mettre d’accord sur une ligne directrice internationale sur les biocarburants » comprenant des critères environnementaux et liés aux droits de l’homme, a-t-il insisté dans un rapport présenté au Conseil des droits de l’homme réuni en session plénière à Genève.

M. de Schutter a également affirmé que, en attendant un tel consensus, tout investissement important dans la production de ces carburants d’origine agricole ne devrait être autorisé que si son impact national et international est jugé « positif ». Pour l’instant, « le chemin pris pour le développement des agrocarburants pour les transports n’est pas durable », a-t-il ajouté, craignant, si rien n’est fait, « de nouvelles violations du droit à l’alimentation ».

Le directeur général de la FAO, Jacques Diouf, avait estimé en juillet que les biocarburants avaient privé le monde de quelque 100 millions de tonnes de céréales (dont le maïs et le blé) qui auraient pu servir à l’alimentation.