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Blé en stock : le marché manque de fluidité, alerte FranceAgriMer

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FranceAgriMer a alerté le 9 décembre les collecteurs et agriculteurs sur le manque de fluidité du marché du blé tendre, avec un risque d’aboutir à 5,2 Mt de stock fin 2015-2016. Nombre d’entre eux retardent leurs ventes en espérant de meilleures conditions de marché. Les prix pourraient au contraire fléchir sous un afflux de céréales argentines.

« Il est important de fluidifier le marché, même si les prix ne sont pas très bons », a déclaré Rémi Haquin, président du conseil spécialisé céréales. « 5 Mt en stock de report serait très difficile » pour la campagne suivante. La rétention de blé dans les silos est certes peu reflétée dans les chiffres d’exportation. « 3,4 Mt ont été exportées en cinq mois, soit -3 % d’une campagne à l’autre, a indiqué Olivia Le Lamer, chef de l’unité grandes cultures. Un retard qui ne semble pas considérable mais il y a beaucoup plus de marchandise. »

Le même jour, Axéréal a aussi mis en garde les agriculteurs qui spéculent à la hausse des prix. « Notre message, lors des AG de région, c’est : “vendez des céréales” », a signalé en conférence de presse Jean-François Loiseau, président du groupe coopératif. Spéculer est devenu trop risqué aujourd’hui. Ou alors sur maximum 30 à 40 % » de la récolte. D’après ses estimations, il y aurait « 30 à 50 % de marchandises en ferme dans les grandes régions céréalières ».

Les acheteurs « attentistes »

Sur les cinq premiers mois de la campagne, 1,8 Mt de blé français ont été exportées vers l'Algérie, la destination numéro un, soit davantage que l'an dernier (1,2 Mt). De nouveaux débouchés ont aussi été trouvés, avec 124 000 t vendues au Mexique et le même volume à l'Indonésie, un pays vers lequel le potentiel d'exportation pourrait atteindre les 300 à 500 000 t, selon FranceAgriMer. Mais sur ces destinations, « la dynamique récente est déjà en train de se tarir », a estimé Olivia Le Lamer, conséquence d’un « attentisme des acheteurs ».

En outre, le différend entre la Russie et la Turquie dans l'affaire du bombardier russe abattu fin novembre par l'aviation turque fait peser un « point d'interrogation » sur les relations commerciales entre ces deux pays. « Les exportateurs russes sont très réticents à conclure de nouveaux contrats » avec la Turquie et pourraient donc réorienter leurs ventes de blé notamment vers l'Egypte, premier importateur mondial, a souligné Mme Le Lamer. Le blé russe, déjà très présent en Egypte, viendrait donc concurrencer encore davantage le blé français, qui souffre d'un prix du fret trop élevé par rapport aux producteurs de la mer Noire.

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« Vague argentine »

De plus, FranceAgriMer s'attend à « une espèce de vague argentine » de blé et de maïs si les taxes à l’export sur ces produits sont levées dans la foulée de l'investiture le 10 décembre du nouveau président Mauricio Macri. Cette mesure pourrait intervenir « très rapidement » et « devrait provoquer une baisse des prix sur les marchés mondiaux », a estimé Olivia Le Lamer, ajoutant que les céréales argentines concurrencent l’origine française sur le continent africain, notamment en Algérie. FranceAgriMer maintient donc inchangées ses prévisions d'exportations vers les pays tiers pour l'ensemble de la campagne, à 11,5 Mt.

Par ailleurs, « la faiblesse des prix ne semble pas avoir affecté les intentions de semis » de blé pour l'an prochain, qui atteignent un niveau jamais vu depuis 1934, a souligné Rémi Haquin. Les excellentes conditions météo actuellement, ainsi que la bonne récolte de cet été, ont incité les agriculteurs à semer de nouveau beaucoup de blé, a-t-il expliqué.

Levée des taxes à l’export sur le blé et le maïs argentin