Les chefs d’État et de gouvernement des Vingt-sept devaient décider le 15 décembre de passer à la deuxième étape des négociations sur le Brexit qui portera sur les futures relations, commerciales notamment, entre l’Union et le Royaume-Uni. Toutefois, devaient-ils insister, la progression de ces pourparlers sera liée au respect effectif par Londres de « l’accord entre gentlemen » intervenu une semaine plus tôt sur la première phase (facture du divorce, sort de la frontière irlandaise, droit des citoyens).
« Le défi le plus difficile est devant nous », a prévenu le président du Conseil européen, Donald Tusk. « Nous savons tous que se séparer est dur mais se séparer et construire une nouvelle relation est encore plus dur ».
L’UE travaillera sur un accord commercial avec le Royaume-Uni sur le modèle de celui conclu avec le Canada (le Ceta), a déclaré le 8 décembre le négociateur en chef de l’Union sur le Brexit, Michel Barnier. Et cela compte tenu des exigences britanniques : sortir « du marché unique car ils ne veulent pas respecter les quatre libertés (notamment la liberté indissociable des trois autres, la liberté de circulation des personnes) » ; « sortir de l’union douanière car ils veulent retrouver leur souveraineté en matière de négociations commerciales ».
Pour leur part, les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca), plaident en faveur d’« un accord commercial complet qui maintienne le Royaume-Uni dans le marché unique et l’union douanière pour permettre un libre-échange avec l’Union et pour minimiser les obstacles non-tarifaires au commerce ». Selon elles, « des arrangements de transition, qui maintiennent le statu quo, doivent également être conclus le plus tôt possible afin de mettre fin aux incertitudes » auxquelles est confronté le secteur.
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De la même manière, le président du syndicat agricole britannique NFU, Meurig Raymond, a estimé que, pour le secteur, il est « urgent » de connaître « les termes de tout accord transitoire devant être mis en œuvre dès avril 2019 ».
Il a aussi salué le compromis sur les droits des citoyens européens vivant au Royaume-Uni qui est « important pour beaucoup de personnes jouant un rôle vital dans l’agriculture et l’industrie agroalimentaire - des vétérinaires à ceux qui cueillent et emballent les produits britanniques ».
Le président de l’Association irlandaise des agriculteurs (IFA), Joe Healy, a lui aussi insisté sur l’enjeu « crucial » que constitueront les accords transitoire et final sur les échanges entre les Vingt-sept et le Royaume-Uni.