Contacté par Agra Presse le 27 mai, Stéphane Jézéquel, directeur scientifique d’Arvalis, a indiqué que les fortes chaleurs précoces survenues ces derniers jours ne devraient pas avoir, pour le moment, d’effet majeur sur les récoltes françaises céréalières 2026. Les rendements et les poids spécifiques (PS) pourraient être légèrement affectés, la chaleur pénalisant le remplissage des grains. Mais les plantes peuvent récupérer « si les nuits sont plus fraîches, en dessous des 20°C », et si la situation ne dure pas trop longtemps. « Les températures devraient revenir à des niveaux plus normaux dès ce samedi, et la semaine suivante s’annonce plus fraîche », rassure le scientifique. Il rappelle que la période de floraison s’est déroulée dans de bonnes conditions dans l’ensemble (bonne luminosité et bonne hydratation des sols), permettant aux plantes de produire une importante quantité de grains. Par ailleurs, il se pourrait que la chaleur engendre « une petite hausse de la concentration en protéine. La plante ne produit pas plus de protéine, mais la chaleur, affectant quelque peu le remplissage des grains, peut réduire celle d’amidon, faisant que le rapport amidon sur protéine soit favorable à la protéine ».
L’expert alerte néanmoins sur le fait que la précocité et surtout la vitesse d’apparition des chaleurs génèrent « une certaine incertitude sur les capacités de récupération des plantes ». En effet, les températures élevées surviennent généralement de manière plus graduelle, donnant à la plante un certain temps d’adaptation, et plutôt courant juin, rappelle l’expert. Ensuite, le stade de développement des cultures n’est pas homogène sur tout le territoire : plus on remonte vers le nord, moins il est avancé. Par conséquent, les effets de la chaleur peuvent s’avérer disparates, et toucher un peu plus le Sud. Enfin, les températures élevées peuvent davantage endommager les cultures situées en sols superficiels, où la situation hydrique n’est pas optimale.
Les températures devraient baisser la semaine prochaine.
KC