Le Comité Champagne (interprofession) a annoncé le 4 juin sa décision d’activer un dispositif d’« ajustement des échéances de paiement », face aux « incertitudes » économiques. Ouverte à toutes les maisons de négoce, la mesure leur permet de différer les deux derniers règlements de la vendange 2025, selon un communiqué. Les vignerons, qui initialement devaient être payés les 5 juin et 5 septembre, pourraient l’être aux 5 septembre (report de trois mois) et 5 novembre (deux mois). Si l’application du premier délai est acquise, l’autre reste à valider lors d’une clause de revoyure prévue en juillet. Ce dispositif avait déjà été mis en œuvre en mai 2020, lors de la crise Covid. Objectif : « Apporter une souplesse temporaire afin de faciliter l’adaptation des opérateurs dans un contexte instable », déclare le Comité Champagne. En cas de report de paiement, le vigneron peut demander à sa banque un escompte de billet à ordre, indique à Agra Presse le coprésident Maxime Toubart, préférant cette solution plutôt qu’avoir « un risque de cessation de paiements de certaines maisons ».
« La situation économique que traverse actuellement notre filière s’inscrit dans un contexte global d’incertitude qui appelle à la vigilance, affirme le coprésident David Chatillon, cité dans le communiqué. Les tensions que nous observons ne sont pas spécifiques au champagne, mais nous y répondons collectivement pour assurer une transition ordonnée. » Les ventes de champagne ont atteint 266 M de bouteilles en 2025 (contre 271,4 M en 2024), en baisse pour la troisième année consécutive, avait annoncé le 17 janvier l’interprofession, expliquant ce recul par des « crises économiques latentes », et des « évolutions sociétales ». « On a sur les bras un an de stock en trop, qui coûte extrêmement cher avec la hausse des taux d’intérêt », signale Maxime Toubart.