Angleterre : rémunérer les agriculteurs pour la protection des oiseaux
L’Angleterre lance à partir du mois de mars 2005 un programme original de protection des oieaux en zone agricole. Pour faire face à une chute vertigineuse des populations de certaines espèces en zone rurale depuis 30 ans (-86% pour la perdrix, -90% pour certaines espèces d’hirondelles), les pouvoirs publics viennent de mettre au point un dispositif qui rémunère l’agriculteur en fonction des mesures de protection qu’il adopte dans sa conduite d’exploitation. Doté d’un budget de 450 millions d’euros (réparti à égalité entre l’Union européenne et le gouvernement britannique), ce dispositif – auquel l’agriculteur adhère sur une base volontaire – délivre une aide moyenne de 30 £/hectare (soit environ 45 euros). Il s’agit d’un seuil minimum. Un logiciel (CD-Rom) mis à la disposition de l’agriculteur permet de mesurer, en fonction du profil de l’exploitation, la nature et l’importance des mesures à prendre pour assurer une protection des oiseaux. Le gouvernement anglais table sur l’adhésion d’environ 50 000 agriculteurs au dispositif dès 2005.
France : les effets bénéfiques d’une diversité variétale dans les parcelles
L’Inra, en collaboration avec des entreprises de meunerie, a mené au début des années 2000 une série d’expérimentations dans le Bassin parisien sur l’intérêt de cultiver en mélange plusieurs variétés de blé dans la même parcelle. Objectif : étudier l’impact de cette association variétale en terme de réduction des maladies et de traitements phytosanitaires, tout en s’assurant que l’approvisionnement d’une filière de farine à haute valeur boulangère est possible. Selon Jean-Marc Meynard, chef du département INRA « Sciences pour l’Action et le Développement » (SAD), l’expérience a permis de constater une baisse des maladies foliaires, accompagnée d’une hausse des teneurs en protéines des grains. L’introduction d’une plus grande biodiversité dans la parcelle est donc bénéfique pour l’environnement et pour la rentabilité économique de l’exploitation. Seul bémol : la réglementation en matière de semences n’autorise pas la vente de mélanges de plusieurs variétés, excepté pour les prairies. La seule possibilité qu’il reste à l’agriculteur est alors d’effectuer le mélange sur son exploitation, avant de semer. « Il y aurait toute une réflexion à mener sur ce que sont des semences adaptées à l’agriculture durable », analyse Jean-Marc Meynard. Le responsable scientifique précise d’ailleurs que les associations variétales progressent « beaucoup plus vite chez plusieurs de nos voisins européens » qu’en France.
Antilles : le maintien de la biodiversité du sol préserve les bananiers
Le maintien de la biodiversité du sol est crucial pour la culture durable de la banane aux Antilles. Telle est la conclusion d’une étude publiée en 2003 par l’Inra. Les scientifiques ont comparé deux types de parcelles de bananeraie : des zones cultivées de manière traditionnelle (la plante repart de la souche chaque année, sans travail du sol), et des zones labourées et replantées en bananiers tous les 3 ou 4 ans. L’étude montre que le labour est défavorable aux vers de terre, et favorise a contrario les nématodes (petits vers parasites des racines), entraînant de ce fait une utilisation accrue de pesticides qui polluent les sols et les eaux, et aggravent le déséquilibre biologique du sol. Le maintien de la biodiversité du sol apparaît ici primordiale. On sait maintenant grâce aux travaux de l’IRD que l’abondance de vers de terre dans le sol est défavorable aux nématodes.