Conserver une longueur d’avance technologique dans la nouvelle économie des agro-ressources, tel est l’objectif des dirigeants du pôle de compétitivité « Industries et agro-ressources », rappelé au forum « Plantes, innovations et industries » organisé les 30 novembre, 1er et 2 décembre à Amiens.
Ce forum organisé par Alternatech, association picarde pour le développement des technologies du végétal, et par le Centre de valorisation des glucides, qui est un centre de transfert de technologies basé à Amiens, a revêtu une importance particulière cette année du fait de la labellisation du pôle de compétitivité « Industries et agro-ressources », pôle commun à la Picardie et à la Champagne-Ardenne. Les organisateurs ont fait venir des participants comme Bernard Mary, président de l’association qui pilote le pôle, et comme Pierre Mirabaud, directeur de la Datar (Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale).
La bataille de fond : la recherche
Pierre Mirabaud a insisté sur la nécessité de conserver « une longueur d’avance technologique ». « Nous constatons l’intérêt à l’étranger pour ce qui se fait en France » dans les pôles de compétitivité, a-t-il commenté. La bataille de fond qui s’exerce au niveau mondial à travers la mondialisation des échanges « est celle de la recherche fondamentale », a renchéri Claude Gewerc, président du conseil régional de Picardie.
Bernard Mary, président du pôle et directeur général de la Caisse régionale de Crédit Agricole Nord-Est basée à Reims, a évoqué le dynamisme du pôle, avec ses 40 projets et les 500 emplois que ceux-ci devraient induire. Des firmes comme Dow Chemical observent la situation et pourraient investir dans les nouvelles biomolécules.
Ce forum, qui se tient tous les deux ans, donne lieu à un rendez-vous d’affaires, une exposition de stands et à des conférences. Parmi celles-ci, des sujets sur les constructions en chanvre, les matériaux fonctionnels à base de cellulose, les biolubrifiants, les résines et biosolvants pour peintures. Avec l’accent mis sur la recherche.
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On peut beaucoup améliorer les rendements de colza
Dans l’une des interventions, Michel Caboche, chercheur à l’Inra et membre du comité stratégique du groupement d’intérêt scientifique Génoplante 2010, a indiqué à ce propos que la recherche peut améliorer très nettement les rendements de colza. Les rendements de colza peuvent s’élever actuellement à 45 quintaux/hectare. « Ils pourraient atteindre 100 quintaux demain ». On peut jouer sur l’hybridation, qui renforce la vigueur de la plante, et mieux utiliser mieux l’azote du sol grâce à un enzyme comme la glutamine. Ces derniers travaux pourraient aboutir à des résultats concluants dans trois à quatre ans sur le colza, a précisé M. Caboche.
Pourquoi relancer l’amélioration des rendements du colza ? Parce que les surfaces oléagineuses risquent de ne pas suffire à l’objectif de tripler la production de biocarburants.
Les Américains travaillent eux aussi à l’amélioration des méthodes agronomiques et de transport des grains (maïs et soja), et à l’amélioration des process en bioraffineries pour la production d’éthanol et de biodiesel, ont témoigné quant à eux Lawrence Johnson, de la Iowa State University et Hosein Shapouri, de l’USDA (département américain de l’Agriculture).
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