Dans une interview à Agra Presse, Cristal Union a donné quelques indications sur ses résultats pour l’exercice 2019-2020, qui doivent encore être communiqués en interne. Olivier de Bohan, le président du groupe sucrier, a ainsi indiqué qu’après une perte historique sur l’exercice précédent, le groupe affiche de meilleurs résultats cette année. « Deux points nous incitent à l’optimisme, a-t-il souligné. Cristal Union a effectué sa restructuration, marquée par l’abandon des sucreries de Bourdon et Toury. Par ailleurs, les marchés européens se sont redressés, à la fois côté sucre, alcool et éthanol. Tout cela nous rend sereins pour le nouvel exercice. La récolte 2020 sera payée selon un prix de base de 23 euros la tonne de betterave, plus 2 euros sur une partie des tonnages engagés et livrés, soit autour de 24 euros/t avec les indemnités. Malgré la crise du Covid-19, on s’y tiendra ».
Revenant sur le contexte économique actuel, Olivier de Bohan a notamment rappelé que « la filière traversait une période compliquée depuis plus d’un an, liée pour l’essentiel à une surproduction mondiale de sucre avec l’Inde et la Thaïlande comme principaux responsables ». Une situation qui a mis dans le rouge tous les acteurs européens l’an dernier. Concernant la prochaine récolte betteravière, les conditions climatiques sont marquées par la sécheresse depuis deux mois, avec des températures élevées survenues très tôt en saison. « Conséquence, il y a multiplication des bioagresseurs, avec en particulier une grosse attaque de pucerons qui intervient très précocement », alerte le dirigeant. Alors que les betteraviers ont depuis septembre 2018 l’interdiction d’utiliser des néonicotinoïdes en traitement de semences, Olivier de Bohan demande une dérogation pour quelques années en attendant qu’arrivent des solutions par la génétique ou autres. Et de rappeler que certains pays comme la Belgique, l’Autriche, les Pays-Bas l’ont accordée et que les néonicotinoïdes continuent d’y être utilisés par les planteurs.