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OGM De plus en plus de résistances aux herbicides aux Etats-Unis

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Alors que Monsato et Dow ont demandé l'approbation de nouveaux OGM résistant à plusieurs herbicides à la fois, de plus en plus de voix s'élèvent aux Etats-Unis pour dénoncer l'utilisation de ces variétés qui contribuent à accélérer l'apparition de mauvaises herbes « super résistantes ».

Le département américain de l'agriculture (USDA) est en train d'étudier les demandes de Dow et de son concurrent Monsanto, pour la mise sur le marché d'OGM tolérant plusieurs désherbants à la fois, en particulier le 2,4-D, contesté car plusieurs études scientifiques lui attribuent notamment un effet cancérigène. Ces demandes interviennent dans un contexte où les agriculteurs américains font face à une prolifération de « super mauvaises herbes » devenues résistantes aux herbicides. Et ce sont les OGM qui sont accusés par certains (activistes et chercheurs) d'être à l'origine du phénomène. Ce que contestent les semenciers. Selon une étude publiée en septembre dans le magazine Science, « les Etats-Unis se dirigent vers une crise » car « dans certaines régions du pays, les mauvaises herbes résistantes au glyphosate poussent maintenant dans la grande majorité des champs de soja, coton et maïs ». L'USDA souligne que ce ne sont pas les OGM en eux-mêmes qui sont à l'origine de l'apparition des résistances mais le système « OGM + glyphosate » massivement adopté par les agriculteurs. Lesquels sont pris dans un cercle vicieux : les « super mauvaises herbes » incitent les agriculteurs à augmenter les applications de désherbants « de l'ordre de 25 % par an ». Et la mise sur le marché de nouvelles variétés tolérantes à de multiples herbicides pourrait encore accentuer le phénomène, entraînant une hausse d'au moins 50 % des applications de désherbants, évaluent certaines recherches.

Hawaï adopte des mesures restrictives

Autre épine dans le pied des sociétés américaines de biotechnologies : dans l'Etat de Hawaï, terrain d'expérimentation favori de nombreuses entreprises du secteur en raison d'un climat favorable toute l'année, l'île de Kauai a adopté en novembre une loi limitant l'usage des OGM et des produits phytosanitaires. DuPont (Pioneer), Syngenta et Agrigenetics, filiale de Dow AgroSciences, ont porté plainte, le 10 janvier, devant le tribunal de district des États-Unis à Honolulu, demandant l'annulation de ces dispositions qui exigent que les agriculteurs et les entreprises déclarent les OGM et les pesticides auxquels ils ont recours et que des zones tampons soient mises en place autour des écoles ou des hôpitaux. Syngenta loue 3 000 hectares de terres agricoles sur l'île de Kauai, DuPont environ 5 000 hectares et Agrigenetics 3 500 hectares pour mener les essais de culture en plein champ.

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(1) Voir n° 3399 du 20/05/2013

La Cour suprême des Etats-Unis donne raison à Monsanto

L A Cour suprême des Etats-Unis a décidé le 14 janvier de ne pas examiner la plainte d'un groupement de producteurs de semences biologiques et d'agriculteurs (bio et conventionnels) demandant que Monsanto soit interdit d'engager des poursuite contre des agriculteurs dont les champs auraient été contaminés par inadvertance par des cultures transgéniques. En refusant de se pencher sur leur requête, la Cour suprême donne raison à Monsanto et clôt l'action lancée par ces associations en mars 2011. Le groupe avait demandé à Monsanto de s'engager officiellement à ne pas poursuivre les agriculteurs dont les champs seraient contaminés par erreur par des OGM, mais le géant de l'agrochimie a refusé, estimant que cela permettrait à quiconque de violer intentionnellement la réglementation sur les brevets. Monsanto a déjà poursuivi plus de 100 agriculteurs pour violation de brevet et a gagné les procès contre ceux ayant fait usage de ses semences sans payer de redevance (1).