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Certains scientifiques appellent à la prudence dans l’interprétation des résultats de cette étude.
Gérard Pascal, ancien toxicologue et directeur de recherche honoraire de l’Inra, qui a également travaillé sur la méthodologie d’évaluation des OGM, formule « deux critiques fondamentales » envers cette étude – et remet donc en cause sa crédibilité. D’abord, « le choix de cette souche de rats, Sprague Dawley, qui est connue pour développer spontanément des incidences de cancers élevées. Il est donc curieux d’avoir choisi cette espèce pour mener une étude de long terme sur la cancérogenèse – car c’est bien de cela dont il s’agit ». Gérard Pascal estime aussi « trop faible » le choix de comparer des lots de 10 animaux, alors « que les normes de l’OCDE pour des études de cancérogenèse sont d’une cinquantaine d’animaux ». Il regrette également que le papier publié par les chercheurs ne contienne pas assez de données chiffrées pour pouvoir refaire les calculs et resterait trop flou, notamment sur le régime alimentaire des rats. Contrairement à ce que les auteurs affirment, il ne s’agirait par ailleurs pas de la première étude de long terme sur les animaux, signale entre autres Marcel Kuntz, biologiste et directeur de recherche au CNRS. Il rappelle que l’étude porte sur un seul OGM et dénonce une interprétation abusive, dans la presse, qui généralise le doute sur le NK 603 aux OGM en général. Pour Gérard Pascal, « si cela se confirme, c’est une bombe », mais il faudrait surtout et d’abord réitérer l’expérience et disposer des données pour conclure.