Les industriels de l’agroalimentaire n’ont jamais eu des rapports très sereins avec le monde médical et les professionnels de santé. Les dix dernières années ont été marquées sur ce plan par des efforts de reconquête des esprits et de la sphère médiatique : ce travail de Sisyphe a été à reprendre après chaque crise sanitaire et surtout au gré de la montée inquiétante de l’obésité. Il a d’abord fallu – et cela a beaucoup occupé le président de l’Ania – écarter les interdits et les taxes sur les produits gras et sucrés, mais admettre quand même l’ajout de mises en garde pédagogiques au bas des publicités et s’engager à améliorer le contenu nutritionnel des produits. Depuis, les politiques de santé publique se sont affinées et reconnaissent, au terme des deux PNNS qui se sont succédés, que le contenu des assiettes n’est pas la vraie cible : les comportements alimentaires, l’activité physique et aussi les facteurs socio-économiques sont aussi essentiels. Autre facteur de détente, le dossier obésité, qui est remonté à l’Elysée, donne lieu maintenant à un plan de trois ans qui ne devrait pas irriter les industriels, soucieux qu’il est de surtout éduquer et prévenir, et se contentant de les inviter, comme les distributeurs ou les restaurateurs, à s’engager dans de nouvelles chartes. Mieux, pour rendre plus cohérentes toutes les initiatives, la mission confiée au professeur Basdevant est clairement interministérielle et lui-même devient vice-président du comité de pilotage du PNNS. Le moment était donc bien choisi par l’Ania de montrer que deux mondes qui parfois s’ignorent, ceux de la recherche et ceux de l’industrie, ont su aussi bâtir ensemble la nouvelle Fondation pour l’alimentation et la santé.
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