Adopté à la mi-octobre, le Sage Vilaine prévoit d’interdire des herbicides pour maïs dans les parcelles sensibles à l’érosion d’une poignée d’aires de captage d’eau potable. La FNSEA et les JA menacent de le contester devant les tribunaux.
Le Schéma d’aménagement et de gestion de l’eau (Sage) du bassin versant de la Vilaine a été adopté le 16 octobre après quatre années de discussions. Le texte a été adopté par les membres de la commission locale de l’eau (CLE) par 45 voix pour et 18 contre, lors d’une réunion à Saint-Just (Ille-et-Vilaine). Parmi les principales mesures figure l’interdiction d’herbicides pour maïs dans des parcelles sensibles à l’érosion, situées dans une poignée d’aires de captage d’eau potable. Le but est d’éviter que les polluants, entraînés par la pluie, ne se retrouvent dans l’eau. Des dérogations restent possibles et une aide financière est prévue pour passer au désherbage mécanique.
Engagée en 2022, cette révision vise à améliorer la qualité des masses d’eau, aujourd’hui très mauvaise, sur un territoire qui englobe six départements. Son adoption, initialement prévue en décembre 2025, avait été bloquée par une importante mobilisation de la FNSEA, des Jeunes Agriculteurs (JA) et de la Coordination rurale hostiles à l’interdiction des herbicides, malgré un allègement de l’interdiction des herbicides obtenu par les chambres d’agriculture.
FRSEA et JA contestent le texte
« Le vote ne clôt pas le dossier », ont réagi la FRSEA et les JA de Bretagne le jour même, menaçant de « contester ce Sage devant les tribunaux ». Dans un communiqué, les syndicats reconnaissent avoir « obtenu des avancées » depuis le début des discussions en 2022, passant « d’une interdiction généralisée à des mesures plus ciblées sur les captages ». Ils estiment toutefois que l’étude d’impact économique prévue par la loi d’urgence agricole « reste largement insuffisante », et déplorent qu’« aucun financement ne garantisse l’accompagnement de tous les agriculteurs concernés par les changements de pratiques ».
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À l’inverse, Patrick Savary, du collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’ouest, considère que l’adoption du Sage représentait un « enjeu national ». « La peur de la FNSEA, c’est le fait qu’en instaurant des règles de ce type, ce soit une première marche vers des Sage beaucoup plus ambitieux avec des règles un peu plus contraignantes sur les pesticides », estime M. Savary. Ludovic Brassard, président de CLE, a quant à lui salué les réponses « très concrètes » que le Sage Vilaine va apporter pour la préservation des zones humides, sur la gestion quantitative de l’eau, les risques de submersion marine ». Il a invité « les autres Sage de France à s’intéresser à la méthode » mise en place, consistant à associer la population. La préfète de la région Bretagne, Emmanuelle Dubée, a, enfin, affirmé que l’État se mobiliserait pour mettre en œuvre ce Sage de façon opérationnelle.
YG, JJ