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Échalote : tensions autour du projet IGP bretonne

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Le dossier IGP « Échalotes traditionnelles de Bretagne » est en suspens depuis mai 2026. Il achoppe sur la dénomination « Bretagne ». Le collectif porteur du projet et le Cerafel se renvoient la balle.

À l’occasion d’une conférence de presse le 12 octobre, le Collectif de l’échalote traditionnelle de Bretagne a fait le point sur son projet d’indication géographique protégée (IGP), suspendu par l’INAO (institut de la qualité et de l’origine) le 12 mai. « Cette décision a suscité une profonde incompréhension », a résumé Bernard Cadiou, président, qui a toutefois démenti les rumeurs d’action en justice. L’INAO a souligné plusieurs problèmes. L’aire géographique (l’ensemble de la région Bretagne) a fait sourciller l’institut : « Des producteurs sont installés dans les quatre départements. Il s’agit pour le Collectif de n’exclure aucun professionnel qui pratique le même savoir-faire », explique Bernard Cadiou. Ensuite, l’INAO considère l’échalote traditionnelle et l’échalion comme des produits comparables. Le Collectif rappelle que l’échalion est issu de semences et produit de façon mécanisée : « Ce sont donc en réalité des oignons. »

Difficile de protéger un nom de région

Le dernier problème porte sur la dénomination « Bretagne », pouvant entraîner un risque de confusion avec des marques déjà présentes sur le marché comme Prince de Bretagne ou Produit en Bretagne (avec qui le Collectif a pris un contact positif). Rappelant qu’il est difficile de protéger un nom de région, l’INAO invite d’ailleurs le Collectif à s’accorder avec le Cerafel. « Pour trouver un accord, encore faut-il être deux. Nous sommes toujours en attente d’une réponse de leur part », a regretté Bernard Cadiou.

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Contacté par Agra presse, Marc Kerangueven, président du Cerafel explique : « Ce que demande l’Inao, c’est que nous arrêtions de vendre des échalotes sous la marque Prince de Bretagne, ce qui ne peut être accepté au risque de voir notre portefeuille produits se réduire au gré de nouveaux Siqo. On peut trouver d’autres solutions comme jouer avec les codes couleurs pour le logo, par exemple. » Il nie par ailleurs toute politique de « la chaise vide » : « Nous avons toujours accepté les rencontres et avons été parfois à l’origine de certaines. Le Cerafel, qui est en phase avec un projet qui permet de valoriser l’échalote face à l’échalion, a toujours été prêt à apporter son aide administrative, en laissant le lead au Collectif. Mais le Cerafel ne veut pas adhérer au Collectif comme il le lui avait été demandé. Dans une période d’économie des charges pour préserver le revenu du producteur, pas question d’ajouter une cotisation. »

PG

Le Collectif représente 70 % de la production bretonne d’échalotes