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Engrais : débat autour des modalités de soutien

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L’AGPB prône une aide directe ciblée sur les engrais importés, alors que les distributeurs de l'Afcome penchent plutôt en faveur d’un soutien global, à l’image de ce qui a été décidé en Espagne. 

Alors que le plan d'aide de Bruxelles face à la flambée des engrais se précise, les professionnels de la filière céréalière s’activent pour présenter leurs doléances auprès des autorités. L’AGPB (producteurs de blé, FNSEA) et l’Afcome (distributeurs et fabricants d’engrais de mélange français) prônent des aides directes versées aux agriculteurs. Mais les modalités proposées divergent quelque peu.

Pour l’AGPB, les aides publiques qui seront versées sous forme de subvention doivent cibler les produits importés que sont l’urée et la solution azotée, estime Cédric Benoist, secrétaire général adjoint de l’AGPB (producteurs de blé, FNSEA), contacté par Agra Presse. Elles doivent ainsi soulager la trésorerie des agriculteurs, les inciter à se couvrir, et ouvrir un peu plus le flux d’importations, afin de faire pression sur les cours des ammonitrates produits en Europe.

L’AGPB veut une enquête antitrust

En ce sens, un « premier pas » a été franchi selon l’élu la semaine dernière avec la suspension des droits de la nation la plus favorisée (NPF) sur la solution azotée et l’urée, « mais malheureusement avec des quotas et une durée limitée ». Par ailleurs, l’association spécialisée réclame une enquête antitrust sur le marché des engrais azotés en Europe. Une investigation de ce type a été enclenchée par le ministère états-unien de la justice en mars, rapportent plusieurs médias anglo-saxons. Cédric Benoist rappelle que le marché des engrais azotés en Europe est très concentré, de type oligopole. « Les prix de l’urée ont baissé un peu partout dans le monde, sauf en Europe », pointe-t-il.

De son côté, l’Afcome penche plutôt pour une subvention globale à l’agriculteur, comme cela a été décidé en Espagne. Cette dernière peut atteindre jusqu’à 55 €/ha. L’aide ne dépassera pas les 16 500 € par exploitation, soit un maximum de 300 ha. Son avantage est d’être en partie déconnectée du marché des engrais, tout en permettant de soulager la trésorerie des agriculteurs, qui peuvent ainsi se couvrir plus facilement, rapporte l’Afcome.

En effet, le marché national des engrais azotés reste très peu dynamique, avec un retard important dans les achats par rapport à d’habitude. L’Afcome rapporte que, théoriquement et avec bien entendu des variations selon les années, l’approvisionnement hexagonal est couvert aux alentours de 50 % sur la période juin-juillet. Mais ce taux ne serait qu’actuellement autour de 10-15 %, selon l’association. Sur ce type de soutien, l’AGPB n’a pas encore de position, étant « en phase de réflexion », indique Cédric Benoist.

Le ministère de l’Agriculture avait par ailleurs travaillé sur un projet de mise en place de stocks stratégiques, rapidement échaudé par le risque de renchérissement des engrais.

Les agriculteurs encore très en retard par rapport à d’habitude dans leurs achats d’engrais

KC