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Enseignement agricole : Guillaume défend son « joyau »

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C’est le ministre de l’Agriculture – et non celui de l’Éducation nationale – qui a présenté cette année le budget de l’enseignement agricole face au Sénat, ce que Didier Guillaume considère comme une « première », et qui peut être vu comme un signe de son attachement à ce « joyau » – selon ses termes – qui représente 35 % du budget de la rue de Varenne. Le ministre a annoncé une augmentation des heures de cours « non affectées » et dédiées à des « programmes locaux ».

La présentation par le ministre de l’Agriculture – et non le ministre de l’Éducation nationale – du budget de l’enseignement agricole est une première, a expliqué Didier Guillaume lors de son passage le 13 novembre, devant de la commission Éducation du Sénat, dont il faisait encore partie très récemment – et dont il est encore statutairement membre, lui ont fait remarquer ses anciens homologues, avec le sourire.

Comme il l’avait annoncé lors de son discours de passation de pouvoir avec Stéphane Travert, Didier Guillaume veut marquer sa mandature d’une attention particulière à cette mission : « L’enseignement agricole est un joyau ; s’il devait être transféré dans le grand ministre de l’Éducation nationale, l’enseignement agricole pourrait y perdre son âme. » Il a d’ailleurs rappelé que cette mission représente 35 % du budget de son ministère et 80 % des fonctionnaires.

Face aux sénateurs, le ministre de l’Agriculture a livré ses grandes orientations, et quelques annonces. Il plaide pour davantage d’autonomie pour les établissements scolaires. « Nous devons donner plus d’autonomie aux établissements pour qu’ils s’adaptent vraiment au contexte local », a expliqué Didier Guillaume. Les enseignants disposent déjà de « 20 à 25 heures non affectées dans les référentiels généraux pour des programmes locaux, je souhaite que ce soit augmenté », a-t-il annoncé. Le ministre a par ailleurs fait part de son souhait de « mettre en place de nouvelles filières, sur deux sujets d’avenir : l’environnement et le sanitaire ».

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« 12 000 jeunes perdus dans l’enseignement privé depuis quelques années »

Comme il s’en était expliqué dans un entretien à Agra Presse fin octobre, le ministre se fixe pour principal objectif d’enrayer la baisse des effectifs dans l’enseignement agricole. « Nous aurons réussi notre mandature s’il y a plus d’élèves dans les filières agricoles », a répété Didier Guillaume devant les sénateurs. Pour enrayer cette baisse – « 12 000 jeunes perdus dans l’enseignement privé depuis quelques années » –, il souhaite « améliorer l’orientation des jeunes » et « renforcer l’attractivité des métiers », a-t-il expliqué.

Le ministre a par ailleurs regretté le constat fait lors d’une récente visite dans un lycée agricole : « Des classes entières où aucun jeune ne se destinait aux métiers de l’agriculture. » En effet, Didier Guillaume observe à regret « la proportion (importante) de jeunes qui s’inscrivent dans les filières générales et ne veulent pas embrasser les métiers de l’agriculture ». Ces jeunes, explique-t-il, « viennent dans nos lycées agricoles, pour l’environnement (entendu comme qualité et conditions de travail dans ces lycées, mais aussi comme l’attrait pour le respect de l’environnement, précise-t-on au cabinet du ministre, NDLR), l’aménagement du territoire – ces lycées sont répartis sur l’ensemble du territoire – et pour la réussite aux examens – ce qui n’est pas rien. »