Ne pas oublier le plaisir… sans quoi on court aux surenchères sur les aliments-santé. A trop médicaliser l’acte de se nourrir, on a engendré des comportements addictifs aussi dangereux que ceux qui nourrissent le fléau de l’obésité, nous rappelle Yannick Favennec. Tardive mise en garde, mais qui figure quand même dans un rapport au Premier ministre. Sur un terrain monopolisé par le ministère de la Santé, il est heureux qu’un parlementaire en mission auprès du ministre de l’Agriculture aide à ce sursaut. Dominique Bussereau avait bien promis il y a un an exactement, en recevant quelques chercheurs en nutrition qu’il relancerait une « politique de la qualité alimentaire » dans les prochains mois… On ne peut pas dire qu’on ait vu grand chose de tangible depuis. Demain, qui sait ? Ce sera à vérifier aux premières retombées du PNNS 2 ou lorsque se mettra en place l’Observatoire de l’alimentation.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Pour l’heure, vrais et faux débats s’entremêlent au détriment en particulier du vin, et ce sous prétexte toujours de lutte contre l’abus d’alcool. Ainsi aux « états généraux » organisés par l’INPES, le ministre le plus visible n’était autre que Xavier Bertrand venu se gausser de ceux – des parlementaires encore – qui voudraient enseigner le vin à l’école. Sait-on pourtant que le Québec a éradiqué les beuveries étudiantes non par la prohibition mais à coup de promotion de la méthode « Educ’alcool », une démarche de prévention qui apprend en fait le goût et la modération à la fois, mais sans jeter l’opprobe sur les produits. Tant pis pour nous, pareil propos serait hors la loi en France du fait de la Loi Evin !