Se nourrir n’est pas plus risqué que bien d’autres activités humaines, mais pas moins non plus et les secteurs économiques liés à l’alimentation sont trop souvent victimes de la fatalité. L’affaire du concombre espagnol montré du doigt sans doute à tort par les laboratoires allemands ne fait qu’en rajouter à une longue liste d’incidents voire de scandales alimentaires bâtis sur des faits avérés ou supposés vrais. La Chine ou d’autres pays émergents moins rigoureux que nous sur la prévention des risques sanitaires n’ont en tout cas pas l’exclusivité des catastrophes et les précautions que nous avons multipliées depuis la crise de la vache folle ne sont par des garde-fous absolus. Le plus gênant pour l’heure est que la recherche des causes de la contamination décelée outre-Rhin n’a pas encore abouti et que les accusations hâtives contre un malheureux légume ont déjà bouleversé tout un secteur économique et une des richesses dont l’Espagne – et d’autres comme la Grèce, l’Italie et nous-mêmes - a plus besoin que jamais en ce moment.
Il est aussi frappant que nos psychoses se déclenchent si vite en matière alimentaire quand d’autres maux passent très bien sous silence, qu’il s’agisse ou non de santé publique. Et surtout que nos pays nantis (jusqu’ici !) se mobilisent beaucoup moins facilement pour la sécurité alimentaire entendue comme la sécurisation de la disponibilité et de l’accès à la nourriture des populations qui en manquent…
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