Plus de deux cents manifestants ont fauché le 30 juillet une parcelle de 100 m2 de tournesol « muté » à Feyzin (Rhône), près de Lyon, pour protester contre ce qu’ils estiment être des OGM « cachés » ou « clandestins ». A l’appel du mouvement des Faucheurs volontaires d’OGM, les manifestants se sont rassemblés le matin à Saint-Georges-d’Espéranche (Isère), où a eu lieu le premier fauchage de colza OGM en juin 1997. « Ce qu’on veut, c’est alerter l’opinion publique et obtenir une réglementation sur ces cultures de plantes mutées », a expliqué Guy Germain, 68 ans, agriculteur à la retraite. Ces tournesols dits « tolérants », obtenus par mutagenèse, sont censés faciliter la lutte contre l’ambroisie, une plante invasive qui affecte la production. Mais pour les Faucheurs volontaires, l’ambroisie « est le nouveau cheval de Troie des semenciers pour promouvoir et commercialiser » des « variétés de tournesol muté », selon leur communiqué. Alors que la culture d’OGM est soumise à un moratoire en France, « on mène les paysans en bateau en leur cachant la vraie nature de ces semences », affirme ainsi Jean-Luc Juthier, porte-parole des Faucheurs volontaires. La Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) de l’Isère a quant à elle dénoncé dans un communiqué « une action à caractère purement médiatique voulant faire passer pour des OGM des techniques qui n’en sont pas». « Les OGM impliquent l’introduction d’un gène d’une autre espèce dans le génome de la plante, ce qui n’est absolument pas le cas de la mutagenèse employée pour les tournesols », a-t-elle souligné. Le syndicat agricole a appelé les Faucheurs volontaires à « arracher l’ambroisie à la main dans les champs de tournesol pour montrer leur efficacité ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.