Le début de la campagne des fraises a été marqué par une forte pression sur les prix, malgré une demande soutenue, selon une note des services du ministère de l’Agriculture (Agreste) publiée le 29 mai. En moyenne, sur l’ensemble du mois de mars, les prix ont été inférieurs de 7 % à ceux de 2025, mais supérieurs de 7 % à la moyenne 2021-2025. L’arrivée de très gros volumes en avril, avec une concurrence des principales régions de production ainsi que des pays étrangers (Espagne et Belgique notamment) a continué de peser sur les prix. « Dans le Sud-Ouest, la mise sur le marché des fraises cultivées sous serres chauffées a été retardée, tandis que les productions traditionnellement plus tardives (à froid) sont finalement entrées en récolte plus tôt. Cette inversion des calendriers a provoqué un pic de production dans ce bassin sur les deux dernières semaines d’avril », souligne Agreste. En avril, les prix ont été inférieurs de 4 % à l’an dernier, mais supérieurs à la moyenne quinquennale (+ 2 %), dans le contexte favorable d’une période chaude et ensoleillée stimulant la consommation.
L’AOPn Fraises de France avait déjà alerté sur ce pic de production et le risque de collision entre les origines. Dans un communiqué de presse le 4 juin, elle souligne que le retournement récent de la météo a entraîné un « coup d’arrêt brutal » dans les ventes et rappelle que la production de fraises, qui a atteint à date plus de 20 % des volumes nationaux annuels, se poursuit encore pendant plusieurs semaines. Elle appelle à la mobilisation de « chaque consommateur » pour « pérenniser cette production sur notre territoire et limiter la dépendance au produit d’import. D’autant que les consommateurs peuvent actuellement trouver de belles promotions en magasin. »
PG