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François de Rugy, un écologiste « pragmatique » nommé au ministère de l'Ecologie

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En remplacement de Nicolas Hulot, le gouvernement a nommé François de Rugy au ministère de la Transition écologique. Ce parlementaire d'une circonscription urbaine est décrit comme un écologiste « pragmatique ».

L'actuel président de l'Assemblée nationale François de Rugy a été nommé ministre de la Transition écologique et solidaire, en remplacement de Nicolas Hulot, démissionnaire. Député de Loire-Atlantique depuis 2007, François de Rugy avait fait ses débuts en politique chez les Verts, puis Europe Ecologie Les Verts, dont il claque la porte en 2015, pour créer le Parti écologiste. Il intègre ensuite le groupe socialiste à l'Assemblée nationale, puis le groupe La République en marche. « J'entends bien qu'on puisse faire marcher main dans la main écologie et économie », a-t-il déclaré lors de la passation de pouvoirs avec Nicolas Hulot (voir article ci-après).

« C'est un vrai pragmatique », estime l'éleveur et député LREM Jean-Baptiste Moreau. Le rapporteur du projet de loi Egalim est un proche de François de Rugy, qui l'avait soutenu durant les élections législatives à l'occasion d'un meeting en Creuse. « Il est bien sûr favorable à l'agriculture biologique et à la transition écologique, mais il a une vision équilibrée, qui prend en compte la diversité de l'agriculture. Ce n'est pas un dogmatique. »

Pour preuve, rappelle Jean-Baptiste Moreau : la présidence de l'Assemblée nationale et le réseau Farre (Forum des agriculteurs responsables respectueux de l'environnement) avaient organisé ensemble, en juin, un colloque, dont le thème était le suivant : « L’agriculture, une cause nationale ? ». L'association Farre est présidée par Luc Smessaert, vice-président de la FNSEA. En vue de la reprise de l'examen du projet de loi Egalim, Jean-Baptiste Moreau précise par ailleurs qu'il n'a pas connu de désaccord sur ce texte avec François de Rugy lorsqu'il était président de l'Assemblée nationale.

Peu connu des élus agricoles localement

À gauche, plusieurs personnalités, comme Jean-Luc Mélenchon (LFI) ou Michèle Rivasi (EELV), ont vertement protesté à l'annonce de sa nomination ; ils soupçonnent publiquement l'ancien président de l'Assemblée nationale d'avoir entravé l'examen, ce printemps, d'un amendement de l'opposition proposant d'interdire d'ici trois ans le glyphosate, en le programmant à une heure tardive.

Localement, cet élu d'une circonscription très urbaine, à Nantes, est plutôt méconnu des élus départementaux de la Chambre d'agriculture ou de la FDSEA. Ceux-ci notent simplement l'esprit d'écoute que François de Rugy avait pu manifester lors de rencontres en tant que président de l'Assemblée nationale, sur les thèmes de Notre-Dame-des-Landes ou des États généraux de l'alimentation. Une chose est sûre, il n'était pas un relais des élus professionnels locaux dans l'hémicycle.

La FNSEA « salue » la nomination, la Conf' en « prend acte »

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Dans un communiqué le 4 septembre, la FNSEA « salue la nomination » de François de Rugy au ministère de l'Ecologie, appellant à « la poursuite d'un dialogue ministériel ouvert, pragmatique et apaisé avec l'ensemble des agriculteurs, des filières, des territoires et des productions ». Le responsable du dossier environnement à la FNSEA, Eric Thirouin, s'est dit satisfait de ses premiers propos en tant que ministre (voir article ci-après), mais « attend des actes ».

Dans le même esprit, la Coordination rurale (CR) estime, par voie de communiqué, que « François de Rugy en tant que député connaît les problématiques agricoles et environnementales ». La CR reconnaît, elle, dans l'ex-président de l'Assemblée nationale « un homme ouvert », qui, espère le syndicat, « saura lier l’écologie à une agriculture durable et productive. » De son côté, la Confédération paysanne prend simplement « acte » de la nomination, par communiqué, et interpelle le nouveau ministre sur les sujets « urgents » du moment (prédation, dégâts de gibiers).

« J'entends bien qu'on puisse faire marcher main dans la main écologie et économie » (François de Rugy)

« Il a une vision équilibrée, qui prend en compte la diversité de l'agriculture » (Jean-Baptiste Moreau)

Les énergies vertes satisfaites de voir arriver un connaisseur du dossier

À peine nommé, François de Rugy est déjà attendu par les filières professionnelles sur des mesures effectives et concrètes. France Biométhane sera « attentif » aux mesures de développement de la filière du gaz renouvelable, notamment des mesures de simplification des procédures des installations et des mesures en faveur de la mobilité verte. Quant au Syndicat des énergies renouvelables, il estime que « l’engagement de longue date de François de Rugy » dans la défense de l’environnement et sa connaissance approfondie du secteur des énergies renouvelables « constituent des signaux positifs qui doivent conduire à une programmation pluriannuelle de l’énergie ». L’objectif de la Loi de transition énergétique pour la croissance verte est entre autres 15 % d’énergies renouvelables dans les transports, a-t-il rappelé.