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GAEC et Sociétés travaille pour réaffirmer son identité au sein de son réseau

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Pour son congrès annuel à Laon (02), GAEC et Sociétés a fait intervenir une psychosociologue afin de travailler sur l’identité du réseau. À travers cette problématique, c’est le fonctionnement de l’association qui a été remis en cause. " Une organisation qui ne remet pas en cause ses acquis meurt !", a d’ailleurs souligné l’un des participants.

" Comment se fait-il que vous vous sentiez obliger de réaffirmer votre identité ? ", a interrogé Régine Viet, psychosociologue, intervenant lors du congrès annuel de l’association GAEC et sociétés, le 23 juin à Laon (02). Et effectivement comme le souligne son président, Gilles Brenon, " GAEC et Sociétés est peu connu des agriculteurs en GAEC. Un paradoxe quand les GAEC regroupent près du quart des agriculteurs professionnels français et que, depuis la fin 2014, nous estimons avoir accueilli au moins 10 000 associés supplémentaires ! ". Visiblement, l’association n’a pas eu peur de prendre le problème à bras-le-corps avec l’intervention de Régine VIet. Elle confirme : " À la fois il y a des succès et des valeurs qui semblent partagés et en même temps vous avez un problème pour réaffirmer votre identité ! ". A entendre la centaine de participants dans la salle du réseau GAEC et Sociétés, qui se connaissent si bien qu’ils en oubliaient de se présenter, l’association repose sur des valeurs humaines fortes et sur une base juridique, " le mou " et " le dur " comme l’appellera un des membres du réseau. " Avec les relations humaines, on peut mettre de la vie dans le dur ! Un échec des relations humaines dans un GAEC, cela se termine par du vrai dur, à coup de poing ! ", continue-t-il. Finalement " le mou des relations humaines n’est peut-être pas si mou que cela ! ", interpelle alors Régine Viet.

La fierté crée l’identité

Régine Viet revient sur la structure de réseau. " Un réseau, ce n’est pas pyramidale ", précise-t-elle. Ce n’est pas une base à Paris et des agriculteurs en région, c’est une multitude d’intéractions. " S’il y a un vide dans le réseau, il ne peut pas fonctionner ", continue-t-elle. Une phrase qui entre en résonnance avec la nécessité de redéployer le réseau du fait des nouvelles régions, mis en avant dans le rapport d’activité. " Ce qui fait l’identité d’un réseau, c’est que l’on est fier d’y appartenir ! Cette fierté fera votre identité. Il y a beaucoup de pudeur en agriculture ", observe également Régine Viet. " Notre boulot aujourd’hui, c’est la construction de ce réseau. Dans ce sens, nous devons travailler étroitement avec les JA et les FDSEA pour avoir une place en région ", note le président. Une place d’autant plus difficile à défendre que les prestations d’accompagnement humain se mutliplient et que GAEC et Sociétés reste peu connus. " Nous sommes dans l’ombre, discrets et pragmatiques. Nous n’avons pas de cotisants ni d’adhérents. Nous ne sommes pas un syndicat professionnel et n’avons aucune volonté en ce sens ", affirme clairement Gilles Brenon.

Cotisation ou non ?

Pour autant, la question des cotisations se pose car les comptes restent fragiles même s’ils sont positifs. Un tiers du financement provient de subventions de l’Etat et deux tiers des prestations effectuées par l’association. L’indépendance financière n’est pas là, comme le souligne un membre de la salle. Pour développer le réseau il faudra également que les exploitants en GAEC s’engagent. " Comment les faire s’engager ? Comment avoir des bénévoles ? " sont des questions qu’il faut se poser, souligne Aurélien Clavel, vice-président des Jeunes agriculteurs. " C’est parce qu’il se passe quelque chose et quelque chose d’intéressant dans le réseau que les gens vont s’engager ! ", répond Régine Viet. Si la question de l’identité de GAEC et Sociétés n’a été qu’abordée, elle a le mérite d’avoir été posée, comme le reconnait Dominique Chapolard, secrétaire général de l’association. " Cela fait trois ans que nous savions qu’il fallait prendre le temps de nous la poser ", analyse-t-il. Selon lui, lors des deux derniers congrès la nouvelle Pac a mobilisé toutes les attentions.

Près de 6 000 GAEC supplémentaires en 2105, selon les chiffres du ministère

"Les données provisoires fournies par le ministère de l’Agriculture concernant le nombre de GAEC agréés en 2015 font état de la constitution de près de 6 000 GAEC supplémentaires cette année", a annoncé GAEC et Société, le 23 juin lors de son congrès annuel à Laon (02). GAEC et Sociétés a également fait part du nombre de créations par associé, toujours selon les chiffres du ministère : 4 997 GAEC à deux associés, 866 GAEC à trois associés et 85 GAEC à quatre associés et plus. 3 694 GAEC ont été créés entre conjoints et 1 745 GAEC entre membres de la famille (frère, oncle, etc). En 2014, 2 296 GAEC ont été créés et 1 447 en 2013. La reconnaissance de la transparencce GAEC avec la nouvelle Pac et la possibilité de réaliser un GAEC entre époux est à l’origine de cette hausse du nombre de GAEC en 2015. "Les GAEC sont en passe de devenir la structure qui regroupe le plus d’agriculteurs et de vrais agriculteurs", a estimé Gilles Brenon, président de GAEC et Sociétés en conclusion du congrès.

Baisse de 16,4 % du nombre de GAEC dans l’Aisne entre 2006 et 2014

Entre 2006 et 2014, le nombre de GAEC a baissé de 16,4 % dans l’Aisne et le nombre d’exploitants individuels de 26,5 %, selon les chiffres donnés par GAEC et Sociétés, le 22 juin lors de son congrès annuel à Laon (02). En parallèle, le nombre de sociétés civiles d’exploitation agricole (SCEA) a progressé de 46,3 % et celui d’exploitations agricoles à responsabilité limité (EARL) de 5,2 %. Les autres statuts comme les sociétés civiles laitières ont progressé de 82,7 %. Pour Yohan Lesobre, juriste fiscaliste chez GAEC et Sociétés, "il y avait un vrai intérêt avant 2013 à être en EARL du fait du montant des assiettes de cotisations sociales. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas". La baisse du nombre de GAEC et d’exploitations individuelle est liée à des regroupements, d’où également la très forte hausse des autres statuts.