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Gouvernance des tunnels de prix : Genevard face à la FNSEA

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La ministre de l’Agriculture ne souhaite pas qu’il revienne à l’État de lancer des expérimentations de tunnels de prix en l’absence d’accord interprofessionnel, au grand dam de la FNSEA.

À l’occasion de son audition par la commission des Affaires économiques du Sénat le 9 juin, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a donné sa position sur la gouvernance, dans chaque production, du déclenchement des tunnels de prix, dont l’élargissement à de nouvelles filières est prévu par le projet de loi d’urgence agricole et a été supprimé en première lecture à l’Assemblée. Annie Genevard s’est dite opposée à « tous ceux qui veulent qu’on rigidifie la borne basse par un prix plancher, la borne haute par un prix administré de sortie et entre les deux une construction du prix ». Le texte initial du gouvernement laisse aux opérateurs le choix de décider quels indicateurs ils utilisent. De même, un scénario dans lequel, « si les interprofessions ne se mettent pas d’accord, ce [serait] le ministre qui décide » est pour elle « une mauvaise idée ». Au grand dam de la FNSEA.

Le lendemain, les principaux syndicats agricoles ont présenté des positions divergentes sur les tunnels de prix et les prix planchers. La FNSEA a rappelé qu’elle n’est « pas favorable aux prix planchers », car ils ne fonctionnent pas « dans une économie ouverte », a expliqué son président Arnaud Rousseau. Concernant les tunnels de prix, la FNSEA souhaite qu’ils se basent sur des indicateurs interprofessionnels et que l’État puisse les lancer en cas d’absence prolongée d’accord en interprofession. Arnaud Rousseau a regretté la prise de position de la ministre la veille, craignant qu’aucune expérimentation ne soit lancée à l’issue de la promulgation de cette loi. Pour l’heure, seule la filière viticole de la vallée du Rhone semble bien engagée dans cette voix.

Divisions attendues au Sénat

De son côté, la Confédération paysanne s’est dite favorable aux tunnels de prix, « à condition qu’ils se confrontent au droit européen, avec un prix plancher et une gestion dynamique des volumes » et qu’ils soient « arbitrés par l’État ». De son côté, le président de la Coordination rurale, Bertrand Venteau, n’est pas intervenu directement sur ce dossier. Dans son propos liminaire, il a évoqué les aides Pac, demandant un retour à des prix d’intervention.

Pour rappel, la question du rôle des interprofessions dans les tunnels de prix a divisé au centre et à droite lors de l’examen à l’Assemblée : quatre députés, du centre à l’extrême droite, avaient demandé que l’expérimentation soit adoptée à l’unanimité par l’interprofession pour être lancée. À rebours, Thierry Benoit et François Gernigon (Horizons), Thierry Martineau et Géraldine Bannier (Modem), mais aussi Danièle Bru, inspirée par la FNSEA, proposaient de supprimer la consultation obligatoire des interprofessions ainsi que la condition liée à leur demande pour fixer la date de départ de l’expérimentation. Les débats promettent d’être animés au Sénat.

MR

Laisser le ministre décider serait « une mauvaise idée »