Dans un livre blanc sur l’agriculture du plateau des Guyanes (Guyane française, Suriname, État brésilien d’Amapà), publié le 16 octobre, la fondation Farm souligne que plusieurs productions guyanaises sont identifiées comme « particulièrement vulnérables » à une éventuelle montée des importations en provenance d’Amérique du sud dans le cadre de l’accord UE-Mercosur. Et de citer l’apiculture, la farine de manioc et l’açaï. La Guyane partage la plus grande frontière terrestre française avec un État membre du Mercosur, mais l’accord ne prévoit aucune clause spécifique pour ce territoire. « Si les pays du Mercosur parviennent à se conformer pleinement aux normes européennes de résidus et de traçabilité, l’arrivée légale de produits moins chers pourrait s’intensifier », prévoient les auteurs.
La Guyane est très dépendante des importations françaises, ce qui pose des dilemmes accrus entre coût de l’alimentation et filières agricoles. Pour l’heure, le Suriname, la Guyane et l’Amapá sont « peu reliés par leurs politiques agricoles et leurs échanges », et les échanges informels prospèrent. Les auteurs proposent une coopération accrue, et une « réévaluation des règles commerciales et sanitaires pour faciliter les échanges formels ».
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Plus largement, les auteurs identifient plusieurs freins à lever pour augmenter l’autosuffisance. En premier lieu, le foncier. Il faut selon eux « mieux utiliser et sécuriser les terres déjà ouvertes, freiner la spéculation foncière ». Deuxième frein : la formation. Les auteurs plaident pour « rapprocher la formation et le conseil
du terrain, stabiliser les équipes d’appui, valoriser les savoirs locaux et diffuser les pratiques agroécologiques. » En matière d’aide, ils plaident pour une réorientation vers « les filières alimentaires locales, le développement d’infrastructures et le renforcement d’organisations de producteurs solides ». Pour la recherche, ils proposent une mise en commun plus soutenue.
MR