Le CTIFL (centre technique) a fait récemment le point sur le projet européen « Spin-fert » visant à trouver des alternatives à la tourbe comme substrat en maraîchage et horticulture. Son remplacement est un défi technique pour développer des formulations assurant au moins la même performance agronomique et maintenant les propriétés physico-chimiques. « Les substrats à base de fibres végétales (chanvre, lin, fibres de coco), de composts ou de déchets organiques valorisés, apparaissent prometteurs », souligne le CTIFL. Il travaille sur trois d’entre eux pour proposer des solutions commercialisables d’ici fin 2027. Deux sont issus de biodéchets à base de coproduits de vinification et d’industries fruitières qui seront enrichis avec des biostimulants microbiens et des acides humiques artificiels. Pour le troisième, le coco usagé, après stérilisation et déchiquetage, trois additifs principaux – compost vert, biochar et acides humiques artificiels – seront testés à différentes concentrations pour restaurer les qualités physico-chimiques.
Dans l’optique de la commercialisation des solutions issues du projet, dans le cadre du projet européen, le CTIFL participera à deux actions spécifiques. D’une part, il s’agira d’établir une norme internationale de qualité : « Elle garantira la sécurité, la qualité et la commercialisation des substrats alternatifs tout en offrant un cadre pour leur adoption à grande échelle », explique-t-il. D’autre part, une étude économique sera lancée pour identifier les freins à leur adoption. Elle sera menée dans plusieurs pays européens (France, Italie, Pologne et Allemagne) auprès des professionnels (agriculteurs, conseillers, fabricants) et des jardiniers amateurs.
PG