Dans une lettre de 13 pages à Emmanuel Macron, dénonçant les « aberrations du système alimentaire actuel », la Coordination rurale expose notamment ses idées en matière de souveraineté. Il s’agit d’instaurer une « exception agriculturelle », explique le courrier rendu public le 14 mai. Ce cheval de bataille du syndicat consiste à retirer les biens alimentaires des règles de l’OMC et accords de libre-échange, à « déconnecter les cours de l’Union européenne des cours mondiaux basés sur le moins-disant, avec des normes sanitaires et sociales très éloignées ». La souveraineté française et européenne passe aussi, d’après la CR, par « la régulation intelligente des productions conduite par les agriculteurs au sein d’organisations de producteurs puissantes et transversales disposant d’une information totale, actualisée et transparente des besoins des industriels et des stocks alimentaires et agroalimentaires ». Autres conditions : une TVA sociale, pour diviser par deux le coût du travail ; une harmonisation fiscale, sociale et environnementale au sein de l’UE ; et enfin des échanges au sein de l’UE, qui, s’ils « sont évidemment nécessaires », « ne doivent pas nuire à la recherche d’autonomie nationale », « au regard de la crise sanitaire actuelle ».
La CR invite par ailleurs le président de la République à mettre fin aux « perversions de la vocation exportatrice » française. « Pour nous, le bon sens serait de consommer ce que nous produisons et n’exporter que les surplus et nos produits d’excellence tels que les vins, alcools ou fromages », explique le syndicat. La filière des céréales est particulièrement dans le collimateur : la moitié de la production de blé tendre est exportée quand le pays affiche un déficit en MRP (matières riches en protéines). Pour recréer la souveraineté protéinique, chère à Emmanuel Macron, la CR propose un « rééquilibrage des assolements et des marchés intérieurs français et européens en réduisant les superficies céréalières au bénéfice de plantes riches en protéines. Cela nous évitera de brader les céréales excédentaires sur le marché international ».
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Retirer les biens alimentaires des règles de l’OMC et accords de libre-échange