La ferme picarde dite « des 1 000 vaches » devra ramener son cheptel à 500 bovins au lieu de 800 actuellement, et payer des pénalités pour avoir dépassé « de 59 % » l’effectif fixé par l’État, selon un jugement de la cour administrative d’appel de Douai. Ce jugement, rendu fin novembre et consulté le 12 décembre par l'AFP, annule une décision de première instance de 2017, qui permettait à l’exploitant d’augmenter le nombre de vaches laitières dans cette ferme géante située à Drucat, près d’Abbeville (Somme). Cette première décision annulait les pénalités financières infligées par la préfecture pour n’avoir pas respecté le seuil de 500 bêtes fixé par l’arrêté d'’autorisation initial de 2013.
En 2015, la SCEA avait informé la préfecture qu’elle souhaitait « regrouper sur son site d'autres élevages pour atteindre un total de 880 vaches ». Sans retour des autorités, elle avait fait grimper son cheptel à 796 bovins. Pour la cour d’appel, saisie par le ministère de la Transition écologique, « le silence gardé pendant deux mois par le préfet […] n’a pas fait naître de décision implicite d’acceptation ». Les juges ont condamné l’exploitant à une amende de 7 800 €, doublée d’une astreinte de 780 euros par jour jusqu’à la régularisation. L’avocat de l’exploitant a annoncé à l’AFP son intention de se pourvoir en cassation.
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Cette condamnation constitue « une victoire pour la Confédération paysanne et Novissen » (l’association qui lutte contre cette exploitation), salue un communiqué du 13 décembre. « En plus d’être illégitime, ce projet est illégal et ne mérite donc aucune complaisance », estime la Conf', qui espère que « ce jugement sera appliqué rapidement et [sera] une première étape pour la fin des soutiens à l’agriculture industrielle et une réorientation complète de nos politiques publiques agricoles, alimentaires et territoriales vers l'’agriculture paysanne ». Le syndicat indique qu’il y « veillera particulièrement en rappelant les membres du gouvernement à leur responsabilité ».
L’exploitant a l’intention de se pourvoir en cassation.