Pour se relancer après l’incendie de son outil de production et de sa boutique historique au cœur de Bourges, l’entreprise centenaire opte pour le crowdfunding. Elle s’adresse au grand public et aux amoureux de la confiserie mais espère aussi attirer l’attention d’investisseurs professionnels.
L’incendie qui a ravagé au printemps 2015 la Maison des Forestines, un immeuble de caractère du centre de Bourges construit en 1884, a laissé l’entreprise dirigée par Jean-François Tavernier en bien mauvaise posture. Les flammes, provenant du restaurant mitoyen, ont détruit l’atelier, la boutique et les bureaux. « La production a été stoppée net, ce qui a engendré une perte d’exploitation couverte seulement en partie par les assurances », explique le dirigeant de la Maison des Forestines. La société familiale réalisait au cours des derniers exercices un chiffre d’affaires de l'ordre de 400 000 euros.
Depuis le drame, l’entreprise est parvenue à trouver un laboratoire et un local commercial provisoires. Autant de décisions qui ont engendré de lourdes dépenses. « C’est pourquoi nous lançons une campagne de financement participatif sur le site Bulb In Town pour lever au total 150 000 euros, que nous souhaitons boucler le 2 octobre », explique Jean-François Tavernier. Il s’agit d’une campagne sur le principe du don contre don. Le donateur verse un montant, de 15 à 2000 euros, pour lequel il reçoit une contrepartie en nature sous forme de confiseries de la Maison des Forestines. Pour mobiliser les donateurs, l’entreprise compte sur son antériorité, sur les réseaux sociaux, avec une page Facebook qu’elle a créée, sur ses produits et sur son histoire. Georges Forest a inventé en 1879 le premier bonbon de sucre satiné croquant fourré au praliné, la Forestine, aujourd’hui inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco.
Avec cette levée de fonds auprès du grand public, la Maison des Forestines espère aussi attirer l’attention d’investisseurs potentiels qui pourraient entrer au capital de l’entreprise, à 100 % entre les mains de la famille. Depuis le mois d’août, la production et la commercialisation ont repris. Le p.-d.g. compte bien poursuivre le développement de l’entreprise avec de nouvelles spécialités et reprendre l’export qui avait commencé vers le Japon en 2013. L’emménagement dans la boutique historique refaite à neuf n’est pas prévu avant 2019-2020.