Le rapport de François Guillaume sur la coopération n’a évidemment pas laissé les responsables du Crédit agricole indifférents, même si ceux-ci sont autrement plus préoccupés par certaines attaques venant des banques anglo-saxonnes contre le mutualisme bancaire et menées auprès des instances européennes. « Nous ne partageons bien sûr pas les analyses de François Guillaume », affirme Yves Couturier qui relève aussi que certains propos du député frôlent même un caractère « diffamatoire». Selon le secrétaire général de la fédération, les reproches de François Guillaume renvoient à un débat « qu’on a déjà eu à l’occasion de la mise en Bourse du Crédit agricole». Et de rappeler qu’à l’occasion de cette mise en Bourse, « les sociétaires avaient été servis prioritairement».
Plus fondamentalement, à François Guillaume qui pose le problème des réserves des organismes mutualistes en général et du Crédit agricole en particulier, qui auraient dû être, partiellement au moins selon lui, redistribuées aux coopératives, Yves Couturier répond : « A quel titre les sociétaires d’aujourd’hui pourraient-ils s’arroger des actifs constitués au fur et à mesure de l’histoire par des personnes qui les transmettaient en tant que dépositaires et non en tant que propriétaires ? » Selon lui, procéder autrement et rendre possible une redistribution reviendrait en fait à sortir du principe coopératif et rejoindre des pratiques purement capitalistes.
En fait, interroge la banque verte, la vraie question n’est-elle pas de savoir s’il y a aujourd’hui un problème de financement des coopératives et un handicap au développement par manque de fonds propres ? Or, répondent Jean-Marie Sander et Yves Couturier, ce n’est pas vraiment le cas. Selon Yves Couturier, « s’il y a un projet qui a un sens, ce n’est jamais le financement qui pêche.»