Selon un avis de l'Anses, les compléments alimentaires à visée articulaire à base de glucosamine et/ou de chondroïtine sulfate présentent un risque pour certaines populations, qui doivent être mieux informées par les fabricants. Le Synadiet a réagi en relativisant les effets indésirables et en mettant l'accent sur leur faible fréquence.
Selon un avis de l'Anses, les compléments alimentaires à visée articulaire à base de glucosamine et/ou de chondroïtine sulfate présentent un risque pour certaines populations, qui doivent être mieux informées par les fabricants. Le Synadiet a réagi en relativisant les effets indésirables et en mettant l'accent sur leur faible fréquence.
La consommation de compléments alimentaires à visée articulaire, à base de glucosamine et/ou de chondroïtine sulfate, n’est pas sans risque pour certaines personnes, tels que les diabétiques, les asthmatiques, les femmes enceintes et certains cardiaques, indique l’Anses dans un avis publié le 29 mars 2019. L’Agence rappelle que "la glucosamine et la chondroïtine sulfate sont des molécules naturellement présentes dans les tissus conjonctifs et cartilagineux de notre organisme, et assurent, entre autres, la structure et l’élasticité des cartilages, des tendons et de la peau".
La vente de ces deux composés commercialisés sous forme de médicaments et de compléments alimentaires connaît un essor important en France. Or, plusieurs effets indésirables ont été signalés dans le cadre de son dispositif de nutrivigilance : troubles digestifs, douleurs abdominales, éruptions cutanées, démangeaisons, des hépatites ou des purpuras (lésions hémorragiques de la peau), rapporte l’Anses.
L’agence a pu mettre en évidence les populations pour lesquelles ces compléments alimentaires présentent un risque et à qui elle déconseille leur consommation. Il s’agit des personnes diabétiques ou pré-diabétiques, asthmatiques ou traitées par anti-vitamine K. Sont également concernées les personnes présentant une allergie alimentaire aux crustacés ou aux insectes, pour les compléments alimentaires à base de glucosamine ; les personnes dont l’alimentation est contrôlée pour le sodium, le potassium ou le calcium, car ces compléments peuvent en être une source importante, et enfin, les femmes enceintes ou allaitantes et les enfants, en raison de l’insuffisance des données sur la sécurité de ces produits.
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Mieux informer le consommateur
L’Anses recommande que "des mesures soient prises par les fabricants afin de mieux informer le consommateur sur les risques liés à la consommation de ces compléments alimentaires par ces populations spécifiques". Elle estime en outre nécessaire que "les doses maximales journalières autorisées de glucosamine et de chondroïtine sulfate dans les compléments alimentaires soient harmonisées au niveau européen".
L’avis de l’Anses n’a pas manqué de faire réagir le jour même le Synadiet, le syndicat professionnel des fabricants de compléments alimentaires. Le syndicat rappelle ainsi que « l’Anses mentionne 74 déclarations d’effets indésirables en 9 ans (de 2009 à 2018). L’Anses a évalué que, parmi ces cas, seuls 9 sont vraisemblablement et 2 sont très vraisemblablement imputables à la prise de compléments alimentaires contenant de la glucosamine et/ou de la chondroïtine. » Selon les chiffres avancés par le Synadiet, « le marché français des produits à base de glucosamine et chondroïtine est d’environ de 2,2 millions de boîtes par an, ceci permet donc de pondérer les cas d’effets indésirables avérés à environ 1 pour 1,8 million de boîtes vendues. »