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Chambres d’agricultures Le bois, une nouvelle production pour l’agriculture

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Les financements des chambres d’agriculture pour assurer leurs missions forestières ont failli être remis en cause l’an dernier par la Loi de modernisation agricole. Les chambres veulent donc témoigner qu’elles travaillent à l’effort de mobilisation du bois, que ce soit en forêt ou dans les exploitations agricoles (haies, bosquets…).

«Les chambres d’agriculture sont engagées depuis toujours dans la forêt même si nous avons connu quelques turbulences pour ce qui est de nos attributions », a assuré le président de l’APCA, Guy Vasseur, à l’occasion du séminaire annuel des conseillers forêt-arbres-bois des chambres d’agriculture qui se tenait le 13 octobre à Vendôme (41). A l’occasion des discussions sur la loi de modernisation de l’agriculture (LMA) votée en juillet 2010, le financement des chambres d’agriculture par le reversement d’une partie de la taxe sur le foncier forestier non bâti a été remis en cause. Finalement les chambres ont pu préserver ce financement in extremis. « On a été contestés dans nos compétences car à certains endroits nous n’avions pas fait assez, admet Dominique Chalumeaux en charge des questions forestières à l’APCA. Pendant des années, les chambres n’ont pas fait de la forêt une priorité. Mais aujourd’hui, on ne peut plus en faire l’économie ».

Des arbres aussi hors des forêts

Les chambres d’agriculture, qui comptent plus d’une centaine de techniciens forestiers, représentent principalement les petites propriétés forestières privées. Ces petites propriétés dans lesquelles il faut justement mobiliser du bois pour répondre à la demande d’énergie notamment. « Il faut trouver des outils pour regrouper l’offre de bois, confirme Dominique Chalumeaux. Or, les outils fiscaux mis en place dans le cadre de la LMA ne sont pas incitatifs ».
Pour soutenir la production sylvicole, la LMA appelle les chambres d’agriculture à nouer des partenariats plus forts avec l’ONF (Office national de la forêt) et les CRPF (Centres régionaux de la propriété forestière). « Dans les chambres, nous avons quelque chose de plus, c’est que nous nous occupons également de l’arbre hors de la forêt (haies, bosquets…) qui ont un rôle environnemental mais aussi économique important », souligne Dominique Chalumeaux.

Complémentarité entre bois-énergie et bois d’œuvre

« La haie va devenir une production comme une autre sur les exploitations agricoles », se félicite Hubert Désiré, conseiller en forêt à la Chambre d’agriculture du Loir-et-Cher, qui a coordonné la mise en place d’un filière bois déchiqueté dans le département pour alimenter des chaudières installées par des collectivités. En forêt aussi, l’exploitation du bois pour la production d’énergie se révèle être une bonne solution pour rentabiliser les parcelles boisées, comme l’explique Hubert Désiré : « Le bois énergie n’est pas une fin en soi mais un outil de sylviculture pour arriver à l’objectif final de production de bois d’œuvre ». En forêt de Marchenoir, Antoine Breton, expert forestier, paye les travaux d’entretien des parcelles de chêne dont il a la charge en vendant du bois de charme sous forme de bûches pour une clientèle locale.
Un autre dispositif pourrait prochainement favoriser la production de bois : la Pac. En effet, dans sa proposition de réforme pour l’après 2013, la Commission européenne souhaite un verdissement des soutiens qui passe notamment par une incitation à laisser 7% de la surface des exploitations sous forme d’infrastructure agro écologique. Les haies et les arbres pourraient en profiter.

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