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Accord UE/Canada Le MPB s’oppose à une ratification de l’accord UE/Canada

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Dans une lettre ouverte publiée le 18 novembre, le Marché du porc breton demande au ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll de ne pas ratifier l’accord signé entre l’Union européenne et le Canada, le 18 octobre dernier.

«Monsieur le ministre, l’attention que vous porterez à la ratification ou non de cet accord témoignera de votre volonté à accompagner la production porcine française ». C’est ce qu’écrit Daniel Picart, président du Marché du porc breton (MPB) à Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, dans une lettre ouverte publiée le 18 novembre. L’accord de libre-échange (ALE) entre le Canada et l’Union européenne un mois plus tôt est loin de satisfaire la filière porcine française. Un contingent de 75 000 tonnes de viande porcine a été ouvert depuis le Canada vers l’UE. Dix-huit produits différents sont concernés : congelés, désossés… Pour le MPB, l’accord va participer à la déstructuration de la filière porcine. « Sur les produits importés, il n’y aura pas de mentions de l’origine », explique Daniel Picart. Les charcutiers-salaisonniers pourraient, par exemple, importer depuis le Canada, sans avoir l’obligation de le mentionner sur l’étiquetage. « Il suffit que les porcs soient 10 à 15 centimes moins chers en sortie des élevages pour créer une compétition avec les produits français », poursuit-il. Une situation qui préoccupe déjà les producteurs français concernant les importations en provenance de l’Espagne.
 
Des giga-élevages à faible coût de main d’oeuvre
Les craintes de la filière française s’appuient sur un constat : le Canada est un pays exportateur net « dont les coûts de production sont inférieurs de 25% aux coûts européens », assure Daniel Picart. Outre-Atlantique, les élevages appartiennent à des « grandes compagnies financières qui possèdent pour la plupart des élevages de 30 000 truies ». Ces giga-élevages sont répartis sur tout le territoire canadien et intégrés dans des filières verticales. « Les groupes financiers possèdent des élevages et des abattoirs », poursuit Daniel Picart, qui s’est rendu au Québec pour constater par lui-même. Les économies d’échelle liées à la taille des élevages ne sont qu’un élément dans la compétitivité des fermes canadiennes. Le MPB affirme que dans les élevages canadiens, « c’est comme dans les abattoirs allemands ». Des travailleurs détachés, venant du Mexique, seraient embauchés pour réduire les charges salariales des fermes canadiennes.
 
Moins de contraintes sanitaires
Selon l’Agence canadienne d’inspection des aliments, « tout porc destiné à être exporté vers un pays où son utilisation est interdite doit être soumis à un système de contrôle décrit par écrit qui garantit que l’animal n’a pas reçu de ractopamine dans son alimentation ». La ractopamine est une hormone utilisée pour favoriser la croissance musculaire chez les porcs et les volailles. Autorisée au Canada, son utilisation est interdite en Europe. Le gage d’absence de ractopamine dans la viande porcine qui pourrait exportable vers l’UE ne suffit pas à la filière porcine française. Cette dernière montre du doigt l’avantage économique dont bénéficie l’ensemble de la filière canadienne qui utilise l’hormone de croissance. Pour Daniel Picart, même si cette partie de la production n’est pas exportée, elle participe à la productivité globale de la filière et lui confère un avantage compétitif.

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