Le marché des forêts se porte bien : le prix moyen des forêts non bâties a augmenté de 8,5 % entre 2006 et 2007. Les cours du bois, en hausse de 55 % entre 2005 et 2007, l’explique en bonne partie.
Les forêts, un bon placement ? Au vu du bilan dressé le 14 mai par la Société forestière de la Caisse des dépôts (CDC) et par la fédération nationale des Safer Sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural, la réponse est positive. Après une hausse de 4,8 % en 2006, le prix de la forêt a augmenté de 8,5 % en 2007 en valeur courante, abstraction faite du pourtour méditerranéen dont le marché est très spécifique. « Le prix de la forêt évolue en fonction du prix des terres agricoles et du prix du bois », explique Robert Levesque, directeur de Terres d’Europe SCAFR, le bureau d’étude de la FNSafer. Et, en l’occurence, c’est la hausse du cours du bois qui semble être « le facteur le plus important ». Le mètre cube de bois – toutes essences confondues – s’est apprécié de 55 % en l’espace de deux ans, dont 29 % pour la seule année 2007, dépassant de 20 % les prix pratiqués en 1999 avant les tempêtes. Conséquence, le prix moyen d’un hectare de forêt non bâtie s’affiche à 5 540 euros en 2007, cette moyenne cachant toutefois des écarts très importants selon les régions, de 740 à plus de 8 800 euros.
5 540 euros l’hectare, en moyenne
Si le marché reste étroit (1 % de la forêt est vendue chaque année), il n’est pas moins resté très actif en 2007 avec 115 000 hectares échangés (+17,5% par rapport à 2005). Un seuil qui – sur les 40 dernières années – n’avait été dépassé qu’en 1990 lors de la bulle immobilière parisienne. Les valeurs échangées progressent également de 14 % pour atteindre 1,17 milliard d’euros. Le marché des forêts de plus de 50 ha contribue fortement à cette progression, du fait d’une augmentation de près d’un quart des surfaces vendues et de plus de 60 % en valeur. Par ailleurs, les forêts dont la taille est inférieure à 10 hectares se vendent 24 % plus cher que les forêts de plus de 10 ha. Les forêts de plus de 100 hectares font davantage l’objet de transactions commerciales que les petites. La présence de bâti sur les terrains survalorise la valeur de ceux-ci. Quid du marché en 2008 ? « On s’attend à un tassement », répond Laurent Piermont, le p.-d.g. de la Société forestière de la Caisse des dépôts.
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L’étude souligne par ailleurs que la majorité des ventes réalisées en 2007 est le fait de personnes physiques non-agricoles (62 %) et les 2/3 des vendeurs ont plus de 60 ans. Les acquéreurs les plus nombreux sont, quant à eux, des personnes physiques (76 % des biens forestiers) et des quinquagénaires (28 %). Les auteurs de l’étude observent également que, sur le long terme, la forêt est un actif moins volatil comparé à l’or, l’immobilier ou le marché des actions.
Interrogé sur l’impact du Grenelle de l’environnement, Laurent Piermont répond de manière positive. « Le Grenelle est une bonne chose pour la forêt et pour les actifs naturels ; détruire de la nature sera de plus en plus cher » selon lui. Quant aux Assises de la forêt, « elles prévoient une forte hausse de la consommation de bois ; ça doit être positif pour les forestiers. Si les moyens sont au rendez-vous, cela devrait augmenter le marché du bois », commente le p. -d. g. de la Société forestière.