Issu de la scission en 2000 d’Eridania Béghin-Say en quatre sociétés (avec Béghin-Say, Cerestar et Cereol), Provimi, cotée à Euronext, est depuis 2002 entre les mains des fonds d’investissements PAI et CVC Partners, via la holding Provimlux, qui détient elle-même 75 % du capital (pour 25% de flottant). Suite aux spéculations entourant un possible rapprochement avec Nutreco, l’action Provimi a littéralement flambé depuis le début de l’année. Le néerlandais termine en effet son recentrage sur l’activité de nutrition animale, avec l’annonce de la cession des 75% qu’il détenait aux côtés de Stolt Nielsen dans Marine Harvest, société d’élevage piscicole aux 850 millions d’euros de chiffre d’affaires, vendue à Pan Fish pour 1,3 milliard d’euros. Son appétit serait des plus aiguisés.
Nutreco dispose en effet de la trésorerie nécessaire –1 à 1,5 milliard d’euros – pour opérer une acquisition sur un marché mondial encore très fragmenté. Avaler Provimi – valorisé à 1 milliard d’euros – permettrait à Nutreco, leader européen de la nutrition animale (3 milliards d’euros de chiffre d’affaires), de prendre pied dans des secteurs-clés : « Là où nous voulons nous développer : la Russie, l’Amérique Latine, l’Europe de l’Est », indique-t-on auprès du groupe. La complémentarité des deux sociétés éviterait les doublons en terme d’implantations comme de produits. Si l’opération « paraît déjà écrite » selon un analyste de CM-CICS, « cette histoire de fusion est une vieille rumeur qui cours depuis notre scission d’Eridania Béghin-Say », tempère Wim Troost.