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Le rapport du Cese sur la déforestation ravive les tensions intersyndicales

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« La filière tient à rappeler que les biocarburants sont un levier essentiel de la souveraineté alimentaire, grâce à la production de protéines, en ligne avec les engagements du président de la République en faveur d’un plan protéines », a déclaré Arnaud Rousseau à l’AFP, après le vote au Cese d’un avis sur la déforestation.

Alors que les membres du Cese recommandent une sortie des biocarburants de première génération et un plan protéines européen, Arnaud Rousseau souligne que « la filière est engagée au quotidien dans la lutte contre la déforestation importée et la préservation de la planète, à travers l’évolution des pratiques culturales et la priorité donnée aux graines françaises ».

Seuls les conseillers de la section Agriculture, dont l’APCA, la FNSEA, ainsi que Coop de France, ont rejeté l’avis, rappelle de son côté la Confédération paysanne dans un communiqué, déplorant un « vote passéiste en soutien d’un modèle agricole devenu indéfendable et à contre-courant des aspirations de la société civile ».

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« Les biocarburants sont un appel d’air sur le soja et l’huile de palme », estime Jacques Pasquier, co-rapporteur du rapport Cese, et membre de la Confédération paysanne. Pour lui, l’argument avancé sur l’autonomie protéique ne tient pas, puisque la France, « importe du colza de Roumanie et du Canada pour produire du diester et des tourteaux ». Alors que dans le même temps, comme il le souligne Jacques Pasquier, « nous avons de vrais problèmes techniques sur le colza, et on ne sait plus maîtriser les insectes ».

Afin d’augmenter la production de protéines française, Jacques Pasquier recommande donc, non pas d’augmenter le taux d’incorporation des biocarburants de première génération, mais de relancer les efforts de recherche dans la filière des protéagineux. « Sur ces filières orphelines, la recherche n’a pas été assez loin. Et des projets comme celui de l’Inrae de Lusignan sur le lupin ont même été abandonnés », rappelle Jacques Pasquier.

« La filière est engagée au quotidien dans la lutte contre la déforestation »