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ALZHEIMER/NUTRITION Le régime méditerranéen limite le vieillissement cérébral

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Les scientifiques ont prouvé depuis longtemps les bienfaits du régime alimentaire méditerranéen dans la prévention des maladies cardio-vasculaires. Après 15 années d'études épidémiologiques, l'Inserm affirme que ce type alimentation ralentit aussi les effets du vieillissement cérébral.

Le régime méditerranéen vient de gagner une nouvelle victoire dans la relation entre aliments et bienfaits sur la santé. Les affirmations reposent sur 15 ans d'études. Débutés dans les années 2000 dans le cadre de la cohorte Trios-Cités et du programme Coginut porté par le pôle de compétitivité languedocien Qualimed, les travaux portent alors sur 9 294 personnes de 65 ans sur Bordeaux, Dijon et Montpellier. Aujourd'hui, ces personnes, régulièrement suivies, ont dépassé les 80 ans. « Sur Bordeaux, parmi les 2 100 personnes du départ, nous en suivons encore un millier quinze ans après », souligne Catherine Féart, membre de l'équipe Lifelong Exposure, Health and Aging (unité Inserm U1219), installée dans la capitale aquitaine. L'étude porte sur un panel dont 30 % suivent un régime méditerranéen traditionnel, 30 % préfèrent une alimentation carnée et riche en produits laitiers non écrémés et 40 % sans vraiment de spécificité. « Sur les deux profils alimentaires les plus marqués, nous constatons un déclin cognitif plus lent chez les personnes qui consomment des aliments de type méditerranéen, vin compris », souligne la biologiste, chargée de recherche en épidémiologie nutritionnelle. La vitamine E, le DHA (acide gras polyinsaturé oméga 3 à longue chaîne) et les folates (vitamine b9 ou acide folique) participent grandement à la prévention, au contraire d'une alimentaire faible de ces éléments.

SUIVI RÉGULIER

Les personnes en bonne santé reçoivent la visite à domicile d'un neuropsychologue avec lequel elles réalisent des tests cognitifs, répondent à des questionnaires sur leur alimentation, leur exercice physique, leurs activités intellectuelles auxquels s'ajoute un examen médical simple. Pas moins de 200 participants passent une IRM. Les personnes en suspicion de démence reçoivent la visite d'un neurologue qui confie leur dossier à un comité de neurologues indépendants qui confirment ou infirment le diagnostic et l'étiologie.

PROCHAINES ÉTAPES

Fort de ces avancées, le laboratoire se lance sur de nouvelles pistes et la recherche des mécanismes mis en jeu, sur les bienfaits des caroténoides et tous les fruits et légumes, de la vitamine D, des acides gras mono insaturés et des polyphénols. Catherine Féart souhaiterait compléter ses études en examinant l'impact de la qualité de vie sur le vieillissement cérébral. Les gens heureux connaîtraient un déclin bien moins prononcé, ce qui reste à prouver scientifiquement. Mais également sur la synergie entre les omégas 3 et la dépression, la fragilité face aux accidents de la vie et la dégénérescence cognitive. L'équipe recherche des partenariats privés pour financer ses recherches. Les professionnels de l'alimentation pouvaient s'appuyer sur les bienfaits du régime méditerranéen sur l'appareil cardiovasculaire. Ils peuvent le faire désormais pour l'appareil cérébral.