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Traitements de semences Le Sénat va examiner une proposition de moratoire sur les néonicotinoïdes

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Les sénateurs doivent examiner le 19 novembre une proposition de résolution relative à un moratoire sur les pesticides de la famille des néonicotinoïdes. Perspective qui inquiète les semenciers, dont le congrès s'est tenu le 5 novembre. Leur position, au sein de l'UFS, est de défendre l'intérêt des traitements de semences en vue des certificats d'économie de phytos.

Le texte déposé conjointement par le sénateur EELV Joël Labbé et le député PS Germinal Peiro « invite le gouvernement français à agir auprès de l'Union européenne pour une interdiction de toutes les utilisations de ces substances tant que les risques graves pour la santé humaine, animale et l'environnement ne seront pas écartés ». À l'assemblée générale de l'Union française des semenciers (UFS) le 5 novembre, son président Régis Fournier s'est dit « très inquiet » d'une telle extension du moratoire, qui frappe déjà le maïs, le pois, le colza, le tournesol et le coton. Patrick Dehaumont, directeur de la DGAL, lui a répondu « ne pas fermer la porte » aux traitements de semences : « On souhaite être robuste scientifiquement en matière d'évaluation du risque ».

Economie de produits phytosanitaires

L'UFS défend l'intérêt des traitements de semences vis-à-vis des certificats d'économie de produits phytosanitaires, qui seront expérimentés l'an prochain suite à la loi d'avenir. « Lors de notre audition par le député Dominique Potier, nous avons proposé les traitements de semences, a déclaré le DG Eric Devron en conférence de presse le 4 novembre. Ils permettent de diminuer l'emploi de phytos. » D'une part, en favorisant une bonne implantation des cultures, synonyme d'interventions réduites en phase végétative. D'autre part, en limitant la quantité de matière active épandue.

En parallèle, les semenciers mettent en avant leurs actions pour réduire le risque d'exposition. La France est le premier pays en nombre d'usines sous certification Plan Qualité Poussière, qui englobe 90 % de la production de maïs, 85 % en tournesol, 77 % en colza. Les 100 % sont visés pour 2015, avec aussi d'autres espèces (betteraves, protéagineux) en plus de celles lancées plus récemment (céréales à paille).

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Présence fortuite d'OGM

Autre sujet brûlant, celui de la présence fortuite d'OGM dans les semences conventionnelles. « L'absence de seuil commercial représente une épée de Damoclès pour les agriculteurs et les semenciers », a insisté Régis Fournier face aux journalistes. L'UFS réclame une tolérance de 0,4 % de présence fortuite dans les semences, correspondant à l'obtention du 0,9 % d'événements autorisés pour l'alimentation humaine et animale. Elle est en train de bâtir un référentiel de production, qui vise à faire certifier par une autorité indépendante la maîtrise de ce risque dans les établissements. Chantier qui devrait aboutir d'ici un an. « Les entreprises ont besoin d'une harmonisation des méthodes d'échantillonnage et d'analyse en Europe et la fixation d'une limite technique c'est-à-dire la plus faible trace détectable de manière fiable et reproductible dans un échantillon », a souligné Régis Fournier.

Cela fait des années que le sujet traîne. Un groupe de travail doit rendre ses conclusions fin 2014, a annoncé le directeur de la DGAL. « Oui, il faut un seuil », a admis Patrick Dehaumont le 5 novembre devant les semenciers. « Mais lequel : 0,01 %, qui est le seuil de détectabilité, 0,1 %, soit la pratique actuelle, 0,4 %, demandé par l'UFS ou 0,5 %, comme en Espagne ? » La réponse sera, d'après lui, « au maximum, le seuil actuel de 0,1 % » : « Ça paraît difficile de monter à 0,4 % ». Une nouvelle accueillie par un grondement dans la salle.