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Vins de Bordeaux Le vignoble maintient son blocus

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Le vignoble bordelais ne veut plus de ventes en vrac au-dessous de 1000 euros le tonneau. Il met sa menace de blocus à exécution alors que les stocks restent à un niveau dramatique.

«Inacceptable » pour le syndicat viticole des AOC Bordeaux et Bordeaux supérieur, les prix des ventes au tonneau sont descendus à un niveau moyen de 865 euros (contre 938 euros la campagne précédente), avec des plus bas à 700 euros. Le bras de fer avec le négoce aura bien lieu et le blocus annoncé en décembre des ventes du millésime 2005 des bordeaux rouges en vrac qui ne trouvent pas preneurs à 1 000 euros le tonneau de 900 litres « va continuer », a annoncé devant la presse Alain Vironneau, président du syndicat.

Pas de certificats d’agrément

Le syndicat ne délivrera plus les certificats d’agrément, indispensables à la circulation des vins pour des vins vendus au-dessous de ce prix.

« On n’a pas le droit de faire un tel blocus », a reconnu M. Vironneau pour qui cette action résulte de la situation économique dramatique dans laquelle se trouvent de nombreux exploitants du plus vaste vignoble d’appellations d’origine de France.

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Ce blocus est une première dans le Bordelais ; c’est le signe que le fragile accord de décembre dernier sur un prix minimum entre producteurs et négociants n’a été arraché que par des actions musclées auprès du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB) puis récemment de la part des Jeunes agriculteurs (JA) devant les locaux d’un courtier bordelais qui, selon eux, ne respectait pas le prix plancher de 1 000 euros le tonneau. Cette action prouve, selon les spécialistes du marché, que le blocus n’a pas fait remonter les cours, comme l’avait prévu Francis Cruse, le directeur de l’Union des maisons de Bordeaux, principal syndicat des négociants en vin. L’importance des stocks (1,5 million d’hectolitres), qui représentent trois années d’activité, ne permet guère en effet d’espérer un redressement : même si le président Vironneau estime que le consommateur serait prêt à payer entre 4 et 8 euros la bouteille de bordeaux, les chiffres 2004/2005 donnent la palme des ventes aux premiers prix dans les hypermarchés. 62 % des achats de bordeaux et bordeaux supérieur sont effectués en grandes surfaces (segment cependant en recul de – 6 %), hors magasins de discount. Et le hard-discount, avec 28 % de part de marché, occupe une place croissante (+ 5 %). Ce poids très important s’explique par le nombre de magasins, en progression de 9 % depuis 1997, et par une montée en gamme des produits distribués dans ce circuit.

Hausse des volumes

Tout n’est pourtant pas négatif dans le bilan 2004/2005 puisque les volumes vendus sous contrats achats (vrac et bouteilles) enregistrent en rouge et rosé une progression de 8 % par rapport à 2003/2004. La commercialisation de l’AOC Bordeaux rouge a atteint 2,168 Mhl (+ 2%), le Bordeaux supérieur 465 898 hl (+7%) ; le bordeaux blanc 332 554 hl ; la palme revenant aux Bordeaux rosés et clairets qui, avec un volume commercialisé de + de 172 000 h, progressent de près de 20 %. Le Bag in box (BIB), quasiment absent des ventes de l’AOC il y a 5 ans, connaît une progression remarquable (multiplication des volumes par plus de 3 en cinq ans) et constitue désormais 7 % des ventes de l’AOC Bordeaux rouge.