Les agriculteurs des huit pays d’Europe centrale et orientale (Peco) qui ont rejoint l’UE en mai 2004 sont les grands bénéficiaires de l’élargissement, selon un rapport publié le 21 juillet par la Banque mondiale. Ils « apparaissent comme les principaux gagnants jusque-là de l’Union élargie en raison d’une combinaison de prix plus élevés pour les produits agricoles et de hausses des ventes ainsi que du soutien obtenu dans le cadre de la Pac », résume ce rapport qui cherche à tirer les leçons d’une année d’adhésion à l’UE pour les pays concernés (Pologne, République tchèque, Slovaquie, Slovénie, Hongrie, Estonie, Lettonie et Lituanie).
Alors qu’avant leur adhésion à l’UE, ces pays craignaient de souffrir de la concurrence accrue sur le marché unique européen, « il semble que l’on ait assisté à une intégration en douceur des secteurs agricoles des nouveaux États membres ainsi qu’à une hausse assez importante de leurs revenus », selon le rapport de la Banque mondiale. Celui-ci insiste sur la levée des barrières commerciales pour les produits agricoles et sur le fait que la Pac ait fourni des prix garantis pour les produits les plus importants comme les céréales, le riz, le sucre et le lait. « Dans certains cas, les prix garantis sont plus élevés que les prix pratiqués avant l’adhésion », note la Banque mondiale.
Bond des revenus en République tchèque et en Pologne
Les revenus des agriculteurs en République tchèque et en Pologne ont bondi alors que ceux des autres pays ont progressé plus modestement. « Les chiffres montrent que les exploitations agricoles de taille moyenne produisant à la fois pour le marché et pour leur propre consommation ont le plus bénéficié », précise le rapport.
L’amélioration des conditions du commerce de produits agricoles a permis d’augmenter le niveau de vie en Lituanie, en Pologne et particulièrement en Lettonie où ce commerce a connu une hausse de plus de 15 % depuis l’adhésion à l’UE.
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D’une manière générale, la croissance du produit intérieur brut (PIB) a avoisiné les 6 % en moyenne dans les huit nouveaux États membres est-européens, avec des taux de croissance records entre 6 % et 8,5 % dans les pays baltes.
Une fenêtre d’opportunités qui risque de se refermer
« Cependant, l’échec récent des dirigeants de l’UE à s’entendre sur les perspectives financières pour 2007 à 2013 a compliqué les prévisions financières à moyen terme des nouveaux membres en raison de l’incertitude que cela fait peser sur les transferts à venir en provenance de l’UE », souligne Thomas Batt Laursen, auteur du rapport de la Banque mondiale. À l’adresse de ces pays, il ajoute que « la période de pré-adhésion a créé une grande fenêtre d’opportunités pour lancer des réformes, mais elle risque de se refermer rapidement ». Avec les élections dans plusieurs de ces États, « les progrès en matière de réformes ont été modestes au début de 2005 », note la Banque mondiale. Cependant, le commerce s’est étendu rapidement lors de la première année de l’élargissement, non seulement entre les nouveaux membres et l’UE mais également entre les nouveaux pays membres eux-mêmes ainsi qu’avec le reste du monde.
Et si le flux des capitaux et des investissements directs étrangers dans les huit pays s’est accéléré, la mobilité de l’emploi d’un pays à l’autre est restée modeste, « notamment en raison des restrictions transitoires en place dans la plupart des anciens États membres de l’UE », selon le rapport.