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Les centrales d’achat, à l’origine de la vente de Triballat

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La difficulté pour une ETI comme Triballat de survivre face à des centrales d’achat très concentrées est une des explications de la cession à Lactalis, selon Hugues Triballat, son président.

« Comment résister à quatre centrales d’achat qui achètent 80 % de la crémerie en France lorsque vous êtes une ETI comme Triballat ? » : la question est posée par Hugues Triballat, le président de la société éponyme, qui vient d’entrer en négociations exclusives avec Lactalis en vue de céder 100 % du son capital. Selon lui, il est très difficile de continuer à se développer lorsqu’on n’a pas la taille suffisante pour rivaliser avec des centrales d’achat si peu nombreuses, et dont « les regroupements sont étonnants », alors « qu’il y en avait plusieurs dizaines il y a quarante ans », comme il le rappelle. « La grande distribution refuse parfois 1 % de hausse que nous demandons, ou impose des baisses, ce qui affaiblit l’entreprise sur le long terme », poursuit-il.

Dans ces conditions, le choix de céder l’entreprise basée à Rians dans le Cher s’est imposé pour assurer sa pérennité et son développement à long terme. Triballat était la dernière ETI française à la fois 100 % familiale et 100 % laitière, comme le souligne son patron. Elle a réalisé un chiffre d’affaires de 350 millions d’euros en 2025, selon la société, en incluant ses filiales en Espagne et aux États-Unis, mais sans dévoiler sa rentabilité. La laiterie H. Triballat, entité principale, déclarait 238 millions d’euros de chiffre d’affaires (comptes déposés) en 2024 (230 millions en 2023), et pour un résultat net de 2 millions d’euros (1,54 million en 2023). Elle détient dix-sept sites industriels dont quatorze en France, et emploie 1 600 salariés.

Rians, la pépite de Triballat

Si l’acquisition par Lactalis peut étonner au premier abord, alors que ses dernières acquisitions ont été surtout à l’étranger, elle s’explique par le fait qu’« il n’y a plus d’ETI familiales et 100 % laitières de la taille de Triballat à vendre en France », selon Hugue Triballat. Il s’agit aussi de « préserver un héritage remarquable tout en lui donnant les moyens de poursuivre son développement en France et à l’international », déclarent Hugues Triballat et Emmanuel Besnier, président de Lactalis, cités dans un communiqué.

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La société possède de beaux atouts, en premier lieu la marque d’ultra-frais Rians, leader en grandes surfaces de la panna cotta, de la crème brûlée et la faisselle, une position que Lactalis affectionne tout particulièrement. Triballat détient également un portefeuille des fromages AOP (époisses, crottin de chavignol et selles-sur-cher). Or Lactalis est aussi un acteur important de ce segment en étant présent au sein de quarante-deux AOP laitières françaises.

CB

"La grande distribution refuse parfois 1 % de hausse"